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Michael-David - Le BlogEtre rêve et réalité, si vous connaissez la frontière, faîtes votre choix... |
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Kaamelott - Le doute« Kaamelott » Le doute
Arthur et Léodagan marchent le long des douves du château un soir d’été…
Léodagan : Dîtes, c’est pas pour critiquer mais vous comptez y mettre de l’eau dans ces douves, ou vous préférez faire la courte échelle aux envahisseurs ?
Arthur : Ca va, commencez pas ! En été, le niveau de l’eau baisse et comme les éclaireurs ne nous rien signalés, je me suis dit que ça pouvait attendre un peu, les gars ont bien bossé cet hiver, alors on s’en occupera plus tard.
Léodagan : Ca me fait penser à quelquechose : pourquoi on irait pas traiter les saxons de tarlouzes pendant qu’ils n’ont pas encore franchi la mer du nord, histoire de leur montrer qu’on a pas peur d’eux avec nos douves vides et nos feignasses de soldats ?
Arthur : Beau-père, arrêtez vos conneries ou on va entrer dans une phase pas marrante !
Léodagan : Mais bon dieu ! Pourquoi vous avez fédéré tous les bleds du pays breton si c’est pour ne pas écouter les conseils stratégiques et militaires d’un roi qui a maintes fois prouvé qu’on ne lui chie pas dans les bottes sans recevoir une chicorée après coup?
Arthur : Parce que là maintenant, je me promène ! Vous m’enverrez en pleine poire vos conseils militaires demain à la table ronde. D’habitude vous ne vous grattez pas pour m’envoyer des fions juste devant mes hommes !
Léodagan : Ah bah si on peut plus rien suggérer sans se faire allumer ….
Arthur : Je vous allume pas, je vous ai demandé de venir ici avec moi pour vous parler de quelque chose de personnel…
Léodagan : Ah, et qu’est ce que c’est ? (Ils s’assoient sur le banc sous l’arbre)
Arthur : Ce n’est pas spécialement mes affaires mais s’il m’arrivait la même chose, j’aimerais bien que quelqu’un me mette au jus.
Léodagan : D’accord, je vous écoute.
Arthur : Pendant la fête des marrons, la saison dernière, j’ai surpris Dame Séli avec un des ministres de Calogrenant.
Léodagan : Ah, bah vous faites bien de me le dire, sans vous, je n’aurais jamais su que ma femme s’y connaissait en politique !
Arthur : On peut rien vous dire sérieusement ! C’est déjà pas facile !
Léodagan : Et qu’est-ce qu’ils foutaient tous les deux ?
Arthur : Ben… ils trinquaient, ils riaient…
Léodagan : Riaient ? Vous êtes en train de me dire que ma femme a souri à ce con ?
Arthur : Ben oui… enfin, de mon point de vue, elle était pas spécialement plus jolie que d’ordinaire mais bon…
Léodagan : Ca fait trente ans que je suis marié à cette bourrique et elle ne s’est jamais fendue la poire devant moi !
Arthur : Ah bah si vous pouviez vous regarder de temps en temps, vous sauriez que vous donnez pas franchement envie de vous sortir une blague !
Léodagan : Saloperie ! (Il se lève et marche avec vigueur en direction du château)
Arthur : (lui hurlant dans son dos) Oh, ça va ! Si ça se trouve, c’est des vieux potes d’école… (Plus bas) ou alors les ministres de Calogrenant sont vraiment pas regardants sur la jovialité…
Léodagan : (toujours marchant, sans se retourner) J’ai entendu ! Si jamais j’apprends un jour que ma fille vous trompe, comptez pas sur moi pour lui souffler dans les bronches !
Arthur : Du coup, je sais pas si j’ai bien fait de lui dire ça, moi…
Dans la salle de réception, Dame Séli et la Reine Guenièvre organisent le prochain banquet en présence de Bohort.
Bohort : (mettant sa trouvaille sur la table) Pour les nappes, un ton rouge orangé se marierait bien avec les fleurs, ma Reine Guenièvre, qu’en dîtes-vous ?
Guenièvre : (Euphorique) Excellente idée, ça nous donnera une bonne base pour les costumes et les danses traditionnelles !
Dame Séli : Quand les deux fillettes auront fini de s’envoyer des joyeusetés, elles vont attraper chacun un bout de la table et me la saquer au fond de la carré, j’ai besoin de place pour passer les servantes en revue.
Guenièvre : Très bien, mère. Seigneur Bohort, pouvez-vous juste vous…
Léodagan : (ouvrant la porte à coup de pied) Ah, c’est là que vous vous planquiez !
Dame Séli : Non, mais ça va pas mieux, qu’est-ce qui vous gratte encore !?
Guenièvre : Mais Père, qu’est-ce que…
Bohort : (Reculant par crainte) Je pense que nous allons laisser notre couple préféré discuter genti…
Léodagan : Vous la fiotte, vous bougez pas ! J’ai quelque chose à dire à ma vieille et j’ai besoin de témoins.
Guenièvre : Père ! Qu’est ce que c’est qui vous a mis dans cet état ?
Dame Séli : Vous avez intérêt à avoir une bonne raison pour avoir défoncé la porte de la salle de réception à un mois du banquet, parce que la vieille vous prévient que sans ça, ça va chier des bulles carrées !
Léodagan : (sortant sa dague) J’ai appris que vous aviez des affinités avec un des ministres de Calogrenant et que ça allait un peu plus loin que le débat politique !
Bohort : Je vous en prie, laissez-moi vous laisser discuter, je ne serais pas d’une…
Dame Séli : (A Bohort) Silence ! (A Léodagan) Et on peut savoir qui vous a pondu cette connerie ?
Guenièvre : Père, vous n’êtes pas sérieux. Mère est une femme respectée et…
Léodagan : Une femme respectée, je le sais, mais respectable, ça …!
Bohort : Seigneur Léodagan, enfin ! La droiture incarnée, la…
Dame Séli : Dîtes donc, il est fini pas le tableau ? C’est Arthur qui vous l’a dit, c’est ça ?
Léodagan : Parfaitement, et je sais aussi que c’était à la fête des Marrons.
Bohort : Dame Séli, vous n’oseriez pas profiter d’une honorable fête que nous avons nous-même préparé pour vous laisser tenter par un des rustres du Seigneur Calogrenant !
Léodagan : Avec la moitié des invités pétés sous la table et l’autre moitié dansant sur les tables, dans le genre honorable vous repasserez !
Dame Séli : (A Léodagan ) Et on peut savoir ou vous avez situé votre camp ?
Léodagan : Moi, j’étais sous la table, mais changez pas de sujet !
Dame Séli : Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ! Que je me suis trouvé en compagnie d’un homme charmant, moins bourrin qu’un autre que je connais, qui m’a offert une liqueur et un peu de conversation ?
Guenièvre : Mais Mère, dîtes-moi que devant ce monsieur vous n’avez pas….
Bohort : Souri ? (Observant le regard de Léodagan qui hoche la tête) Ah…
Dame Séli : Et alors ?? Bon dieu, pour une fois qu’un homme me raconte une histoire drôle ou il n’y avait pas de boucs et de pets, ça m’a changé un peu, je me suis détendu et j’ai …. souri.
Guenièvre : Mère, c’est une honte, oser sourire à un autre homme que Père !
Dame Séli : Oh, ça va, moi je sourie pas comme une nunuche au premier péteux qui me présente deux serviettes et une nappe !
Bohort : (Baissant les yeux) Je suis profondément choqué par ce que je viens d’entendre, mais je conçois que la colère d’avoir été mise en doute parle sûrement à votre place.
Léodagan : (à Dame Séli) Donc, vous lui avez montré seulement vos ratiches ou le reste du magasin avec ça ?
Dame Séli : Vous tromper avec un malheureux qu’on retrouverait en morceaux au fond d’un puits ? Non, j’en suis pas encore là ! (Arthur apparaissant derrière la porte brisée)
Arthur : C’est pas vrai, vous savez pas ouvrir une porte comme tout le monde !
Léodagan : (rangeant sa dague) J’avais les mains prises….
Le lendemain, Arthur, Léodagan, Galessin, Perceval, Karadoc et Calogrenant sont à la table ronde….
Arthur : Donc, Seigneur Calogrenant, vous n’avez aucun renseignement à ce sujet ?
Calogrenant : Aucun.
Karadoc : Est-ce que vous avez pensé à les compter ?
Calogrenant : Compter quoi ?
Karadoc : Ben vos ministres, moi quand il me manque un saucisson, je les compte tous un par un. Enfin, Perceval me donne souvent un coup de main.
Perceval : Moi, j’adore rendre service. Une fois, il manquait un jambon dans la remise. Et que je commence à compter les barbaques une par une, et à un moment, mon Karadoc qui s’allonge sur le lit et qui sent un truc dur sous sa tête, j’ai tout de ….
Galessin : Non, mais on en a rien à carrer de vos histoires de graille, on parle d’une disparition d’un de ces ministres quand même.
Léodagan : Mais vous êtes sûr qu’il s’est pas tiré votre client là ?
Calogrenant : Ses affaires sont toujours dans ses appartements, son cheval est à l’écurie, non, je pense pas qu’il se soit barré sans rien me dire, c’est pas son genre. C’est plutot le mec réglo.
Arthur : On peut peut-être organiser une recherche sur le territoire. S’il est parti, quelqu’un l’aura sûrement vu.
Léodagan : Mais vous allez pas vous casser les rouleaux pour chercher un péteux dans le tout le pays breton, on a autre chose à foutre.
Perceval : N’empêche que s’il est parti sans laisser de trace, ça laisse des doutes… (Un silence se pose…) Quoi ? C’est pas comme ça que ça se dit ?
Arthur : Ah, si, si ! Je suis assez d’accord d’ailleurs, et au bénéfice de ce ministre, on va lui accorder une semaine pour revenir ou se manifester, et ensuite on s’atèle à la tache.
Karadoc : Oui, c’est un bon plan, quand il manque quelque chose, dans le doute, il faut agir.
Léodagan : Moi aussi, dans le doute, j’agis… (Se levant, un bouquet de fleurs à la main) Je vous laisse, je vais donner ça à ma femme… Et je veux pas entendre un mot !
FIN Conversation - La demandeRappellez-moi si vôtre sentiment est des plus nobles en ce jour,
Et que vous ne regretterez point à l'avenir,
Dîtes moi ce que me réserve ce soudain élan d'amour,
Que nul n'ici bas n'aurait pu prédir,
Je ne vous ferai point languir ne serait-ce qu'une seconde,
Et m'imprégnant de votre question si audacieuse,
Mon élan est celui qui, comme chacun sait, dirige le monde,
Mon âme est pleine de chaleur, corsée mais jamais insidieuse,
Le malin sait proférer, la rose parfois blesse,
J'attends de votre coeur qu'il soit plus clair encore,
Que ceux qui traquent et assaillent sans cesse,
Les hères pâles et avides de lumières et d'or.
Je ne peux vous attribuer la pierre de mon visage,
Ni la rose de mes intentions, si blanches soient-elles,
Mais le voeu est vôtre, et mon coeur est en gage,
Que ma fierté peut souffrir, ma peine est de celles...
Michael-David
Les noces funéraires - Chapitre VIMercredi – 11h12 – Dans l’église
Ces mères… ça devrait être livré avec une notice, des engins pareils ! A ces mots à la fois de vexation et d’amertume, la température descend de quelques degrés au contact de l’air de cette église de campagne ou les bonnes ouailles se pressent pour tremper leurs doigts dans le bénitier qui a du voir plus de monde aujourd’hui que pendant la sortie de la « Passion du Christ ». Je m’avance lentement parmi l’assemblée compacte et je reprend aussitôt les quelques degrés perdus : je vais être assis à quelques centimètres du cercueil…
Habituellement, lors de mes obligations de présence à l’église (Oui, tout le monde se sent obligé, faut pas me la faire, à moi…), je pouvais être en retrait et penser tranquillement à autre chose mais là, avec le cercueil sous le nez, c’est comme se frapper la tête contre un mur après avoir pris de l’aspirine… Je m’assieds lentement sur le bois froid de ce banc qui va soutenir une partie de ma famille et observe ou sont placés les autres. L’autel est proche et si je tends la main vers ma droite, je peux palper la raison des festivités.
Mon frère est assis juste à côté de moi, qui suis au bord de l’allée. Ma mère et mon oncle soutiennent presque physiquement ma grand-mère qui n’a pas encore bien réalisé que les doubles portions de patates, c’est fini. Dans une atmosphère lourde, mon cousin à la sensibilité si précieuse commence à larmoyer méchamment. Entre alors un prêtre à l’habit blanc, à la démarche silencieuse et presque distraite. Dans mon manteau, des démangeaisons surviennent dans mon dos, et la planche du dossier n’est pas assez basse pour me soulager. Si ma mère me voit me « gratter », elle pourrait bien apprendre le fond de ma pensée et ne pas s’en tenir à un soupir de résignation.
L’homme d’église s’affaire et commence son sermon devant nos yeux à la fois attentifs et vides. Il parle du défunt comme il parlerait de Dieu, il ne l’a jamais rencontré. Ses phrases toutes faites sont ponctuées de sanglots de plus en plus incontrôlables, mon cousin était en train de se déshydrater pendant que je m’efforçais de penser à la composition de ma prochaine chanson.
Quelques longues heures plus tard, le curé nous invite à toucher le cercueil en guise d’adieu. Et merde, trop près pour me barrer en douce ! En plus, les gens à ma gauche se lèvent et je dois me lever aussi pour les laisser sortir de l’allée. Bon, ça non plus, ça va pas me tuer, je me jette à l’eau… ah pardon, madame… j’ai un mal de dos… non, je vous en prie, allez-y… si je pouvais me gratter juste là… elle est vraiment pas grande, cette boîte… vas-y, marche-moi sur le pied, four à merde, je te dirai rien…des chaussures justes cirées…il est joli ce bois, ça me rappelle une table de salon que j’ai vu à Ikéa… bon allez, tout le monde reprend sa place, si j’étais à la sienne, je voudrais pas qu’on se mette à plusieurs pour toucher mon plumard !
Après que le curé s’est bien amusé avec nos lombaires à jouer à « Jacques a dit, levons-nous » une bonne quinzaine de fois, mes amis du théâtre viennent prendre le corps et vont lentement avec une peine faussement dissimulée vers la fourgonnette mauve ornée de fleurs suivis de la famille sous un son de cloche fatal qui réveille en certaines, des montées de sanglots à balayer n’importe quel fond de teint homologués.
Alors que je tente quelques mouvements combinés pour à la fois me dégourdir ET me gratter le dos, ma mère me saisit le bras (et pas celui qui servait à rien) et me fait signe d’avancer avec le cortège de la fourgonnette. Mine de rien, il n’est pas évident pour une cinquantaine de personnes de marcher à la même allure, surtout quand la personne qui ouvre la marche est une femme de 70 ans qui ne sait plus où elle habite.
Notre arrivée au cimetière est l’occasion de se détourner du troupeau et de marcher dans les allées parallèles pour laisser le temps aux employés funéraires de préparer le caveau… Jolie tombe celle-ci, un peu tape-à-l’œil mais bon… ils font pas un métier facile… « Quand je vous disais que j’allais pas bien », enfin une épitaphe qui a de l’humour…je pense qu’il faut avoir le cœur bien accroché…celui-là, on dirait une tour gothique, il ne manque plus qu’un corbeau au sommet…
« Michael, allez, viens… »
Aujourd’hui, je ne suis ni plus ni moins qu’un paratonnerre à merde. D’un pas décidé, je m’approche de l’attroupement et le traverse en effleurant les gens sans m’excuser (on enterre mon grand-père, gnagnagna). Au premier plan, le fossoyeur en charge lit un papier sorti de sa poche d’une voix embarrassée mais accoutumée et fais un signe de tête pour que les autres procèdent à la mise en terre. Ils s’exécutent en silence dans une peine toujours présente, c’est certainement le cercueil le plus dense qu’ils n’aient jamais eu à manipuler.
Le sort en est jeté.
Monsieur Jean V. a été mis en terre et sa famille le pleure pendant qu’elle s’éloigne dans les sanglots et les visages blancs. Mes parents et mon frère me rejoignent ainsi que ma sœur et son ami, nous rentrons.
La vie a repris dès notre arrivée, pas de larmes ou de questions sans réponses. L’ordre des choses n’a pas été bouleversé et le monde tel que je le conçois se poursuit sans coups du sort. Après avoir pris note des derniers évènements, je pose mon stylo sur le bureau et jette sur mon lit.
Quel étrange personnage, je ne saurais jamais qui il était vraiment mais qu’importe, je pense que de son côté, me connaître n’a pas été une priorité pour lui. Mes yeux se ferment lentement, je vois une pendule, des voix se font entendre au loin. On dirait que je m’endors…
Le sol est argileux, il faut chaud. La grille fermée, je pénètre dans cette cour. Mais je connais cet endroit, cet écoulement d’eau, ces outils à mes pieds, cette rangée de grands arbres, cette cabane.
Je suis dans le jardin de mon grand-père…
(à suivre)
Michael-David
Bonjour et bienvenue
Vous êtes sur le blog de Michael David. Ici, vous trouverez des récits autobiographiques et parfaitement authentiques, des photos, des souvenirs. Je parlerai de mon groupe, de ma troupe de théâtre, de mes passions, de mes projets que je porterai à votre connaissance en temps voulu…. en somme, des choses inhérentes à toute vie qui mérite peut-être qu’on la fasse partager…
Certains passages peuvent vous choquer et/ou vous contraindre à quitter ce site, d’autres vous feront sûrement revenir le mois suivant. Etant un grand admirateur de l’œuvre des frères Wachowski « The Matrix », Je reprends ici une phrase de Morpheus présentant les pilules rouge et bleue à Neo :
« Je ne t’offre que la vérité, rien de plus… » Bonjour et bienvenue...
Vous êtes sur le blog de Michael David. Ici, vous trouverez des récits autobiographiques et parfaitement authentiques, des photos, des souvenirs. Je vous parlerai de mon groupe, de ma troupe de théâtre, autant d'informations que je porterai à votre connaissance en temps voulu…. en somme, des choses inhérentes à toute vie qui mérite peut-être qu’on la fasse partager…
Kaamelott - Le code de chevalerieKaamelott Le code de chevalerie
Arthur, Léodagan, Calogrenant, Lancelot du Lac, Perceval, Bohort, Yvain, le père Blaise et un nouvel invité Dagonnet sont attablés en ce matin d’hiver…
Arthur : Bon et bien, on va commencer l’ordre du jour, père Blaise…
Blaise : Il faut peut-être que je bénisse la table…
Arthur : Quoi, comment ça, la table ?
Blaise : Ben oui, on attend pas un casse-dalle, pourquoi on se réunit ici dans la salle à manger aujourd’hui ?
Arthur : Mais parce que… Oh, cherchez pas ! On la fait ici et puis c’est marre. Je vais pas vous faire un prologue à chaque fois qu’on fait une exception, si ?
Blaise : Je suis pas contre un changement de décor de temps en temps, mais moi je dois écrire une légende derrière tout ça, alors ou je bénis la table, ou vous nous dîtes officieusement pourquoi la table ronde n’est pas disponible aujourd’hui !
Arthur : Bon ! Perceval a gerbé dessus, voilà, c’est dit ! On peut commencer maintenant ?
Léodagan : Quoi ?
Calogrenant : Oh, non, le porc !
Bohort : Vous ne respectez rien, non d’un chien !
Perceval : Mais c’est pas de ma faute, il y avait des brocolis à bouffer aujourd’hui !
Léodagan : Mais pourquoi vous les avez graillés, ces brocolis, si vous pouvez pas les blairer ?
Perceval : Ah, mais moi, j’adore ça, les brocolis, mais j’arrive pas à les garder dans le bide.
Lancelot du lac : Et comme par hasard, vous vous trouviez à la table ronde quand il a fallu les étaler quelquepart !
Bohort : Je ne vais pas garder mon repas très longtemps, si on commence avec les détails…
Arthur : Non, mais ça va bien oui ! Les serviteurs sont en train de nettoyer, nous, on se met ici en attendant, et on fait solennel, d’accord ?
Blaise : Ah bah il y a pas plus solennel, le dégueulis de Perceval…
Lancelot du Lac : Vous ferez vos sarcasmes une autre fois, on vous a demandé l’ordre du jour, père Blaise !
Calogrenant : Ben il a pas commencé, l’ordre du jour, qu’on se parle déjà comme des merdes ! Sans rire, la route de la Calédonie à ici, vous croyez que je la fais en faisant une cueillette de fraises?
Arthur : Bon, ça va peut-être aller là non ? Vous allez vous détendre, aujourd’hui on reçoit le seigneur Dagonnet d’Orcanie, et il est pas là pour vous entendre vous envoyer des fions !
Léodagan : Parce que d’ordinaire, quand on a pas d’invités, on se récite des poèmes ?
Arthur : Mais c’est pas vrai !
Dagonnet : Oh, non mais il y a pas de mal, si c’est ça, la table ronde, moi j’adhère. En Orcanie, on doit tous fermer sa gueule, chevaliers y compris, tandis que là, tout le monde peut gueuler, on est pas à cheval sur le protocole et c’est ça qui pète dans la légende…
Blaise : Ca, c’est très bon comme idée d’introduction, ça. Ca ira super bien à côté du paragraphe ou Perceval fait une pizza végétarienne là ou il n'a rien à foutre…
Arthur : Mais qu’est-ce qui vous prend tous aujourd’hui ? C’est le décor qui vous met de travers ?
Blaise : Non, mais bon, si quelqu’un lâche une caisse ici, qu’est-ce qui nous reste ? La salle du trône ?
Bohort : En tous cas, le contexte de cette salle à manger ne me met pas dans une humeur chevaleresque…
Perceval : Mouais, c’est clair, j’arrive pas à me concentrer moi non plus…
Léodagan : Ah parce qu’avant d’aller vidanger dessus, la table ronde, vous vous y grattiez la soupière ?
Yvain : Mais il est toutefois vrai que le toucher n’est pas le même…
Léodagan : Vous, vous êtes là pour décorer, alors vous la ramenez pas ou vous allez plutôt toucher ma pogne ! Arthur : Non, mais vous êtes barrés non ? Vous allez fermer vos mouilles, on est pas en train de faire un pique-nique !
Bohort : Mélanger la violence et la nourriture, en plus, ça ne me réussit pas….
Lancelot du Lac : Ben allez donc terminer l’œuvre de Perceval, ça manque sûrement d’un peu de fruit de saison !
Arthur : Merde ! Père Blaise, l’ordre du jour, s’il vous plait !
Père Blaise : Aujourd’hui, on devait évoquer l’uniformité du code de chevalerie entre le royaume de l’ogre et celui d’Orcanie.
Perceval : Je sens que je vais encore rien biter, moi…
Arthur : D’accord, c’est pour cela que nous accueillons aujourd’hui, le seigneur Dagonnet. Donc, si je peux vous poser une question, le code de chevalerie, chez vous, ça représente quoi ?
Dagonnet : Ben… Je vais pas vous impressionner je pense… La gloire, la fortune, le respect, les gonzesses, garder le silence, et surtout la route à se taper….
Arthur : Non, mais attendez… Pour les quatre premiers trucs, vous étiez sérieux ?
Dagonnet : Ah bah oui ! La gloire, la fortune, les gonzesses, le respect c’est important pour un chevalier ! Si on devait se contenter du silence et de la route, autant être un pécore…
Yvain : Ouais, je suis trop d’accord… La liberté, c’est trop fait pour tout le monde.
Léodagan : Si vraiment vous la voulez, la liberté, je vais vous envoyer la biser à l’horizontal, moi.
Arthur : Non, mais laissez-le. Donc vous me dîtes que votre code se résume à ça ?
Calogrenant : Non, mais sir, vous pouvez pas comprendre, vous !
Arthur : Ben, il ferait beau voir, Seigneur Calogrenant !
Calogrenant : Ce que je veux dire : c’est que vous êtes passé de môme à roi en un pet, vous n’avez pas été chevalier !
Yvain : Devenir le boss d’un coup, moi je trouve ça trop classe !
Lancelot du Lac : Ben oui, la chevalerie c’est pas juste savoir se battre. C’est tout le protocole qu’il faut apprendre.
Arthur : Et là-dessus vous croyez que vous pouvez m’en apprendre ? La dame du lac, la mission divine du graal, les meilleurs chevaliers recrutés dans toute la Bretagne, la table ronde et ses réunions sacrées, l’honneur de faire partie de l’élite pour rechercher l’objet sanctifié de tout le christianisme, le respect et la défense de l’opprimé, le juste en toute cisconstance, on parle bien de la même chose là ?
Lancelot du Lac : Oui, certainement Sir , mais il n’y a pas que ça…
Bohort : Oui Sir, il y a les accotés, vous savez bien…
Arthur : Ben non, là je suis dans le flan…
Lancelot : Ben vous êtes un roi aimé et estimé : la gloire.
Calogrenant : Vous avez votre femme plus quatre ou cinq maîtresses, les gonzesses.
Léodagan : On vous demande des trucs, on gueulerait dans le cul d’un poney, ça serait pareil : vous gardez le silence.
Bohort : Vous recevez des impôts de toute la Bretagne : La fortune.
Père Blaise : Vous collez les miquettes à tous les chefs de clan, le respect.
Perceval : Et quand votre mère vous emmerde tous les ans pour que vous alliez à la fête de l’hiver de Tintagel, vous faites la route.
Grand silence….
Perceval : Ben quoi ? c’est pas de ça dont vous parliez ?
Léodagan : Ben vous voyez ! Lui qu’est con comme une table, il sait ce qu’est un chevalier…
Arthur : Et bien j’avais pas vu ça comme ça. Ca me semble un peu réducteur quand même. Mais vous y adhérez à tout ce que j’ai dit avant ?
Calogrenant : Ah, oui, c’est un super honneur d’être là. On en est tous conscients…
Lancelot du Lac : Et vous êtes un exemple pour nous tous.
Dagonnet : Oui enfin, si j’avais autant de gonzesses que lui, j’aurais peut-être pas trouver du temps à moi pour venir !
Calogrenant : Sans parler de ma mère, que j’ai balancée dans un puits, il y a un moment !
Lancelot du Lac : Et puis, moi, tant que j’ai de quoi becqueter, ça me suffit…
Léodagan : Et puis de temps en temps, j’aime bien coller les jetons à mes hommes en en dépeçant un devant ses potes. Côté respect, je me pose là !
Bohort : Quand mes parterres de roses sont impeccables, je me sens glorieux comme un coq de basse-cour !
Tout le monde observe Yvain, qui ne dit rien, ne comprenant pas.
Arthur : Et bien je crois qu’on a une belle illustration du silence… Donc ce traité, on le signe ?
Dagonnet : Moi je signe tout ce que vous voulez… d’ailleurs j’ai faim… (il renifle) Ca sent pas le brocolis là ?
Tout le monde renifle, Perceval se retient, puis vomit à ses pieds… Tout le monde s’écarte en hurlant et en jurant…
Arthur : Oh, non, mais c’est pas vrai !
Fin
Michael-David
Le piège - Chapitre III
J'ai pu enfin réalisé un de mes rêves : assomer un de mes employés paresseux avec mon arme de fortune avant de rejoindre ce portier trop malin. La porte se referme lourdement, et nous nous retrouvons dans le noir. Carladier pousse à terre les cartons de papier glacé à 2 euros le kilo et tente de trouver la fente de la liberté, pendant que sa fille pleurniche à ses pieds. Le dos à la porte, la main sur la poignée, je m’impatiente : -Quand vous avez trouvé mon réseau de secours, vous auriez pu prendre dix secondes sur votre temps de pause pour venir trouver la fente ! Je ne m’en suis jamais servi, alors ne comptez pas sur moi pour vous dire comment ça marche ! -Je vous en demande pas tant ! Tenez la porte, et souvenez vous que mettre la lumière dans toutes les pièces, ça peut être utile !
Oui, c’est ça, profitez-en ! Quand j’aurais récupéré mon poste et mon building je vais être un peu plus sélectif sur ceux qui ont l’ont sélectionnés. La petite pleure à n’en plus finir, c’est agaçant. Ils n’ont pas beaucoup de force mais à plusieurs, ils savent s’appuyer à me faire faire des sursauts. S’ils cassent quelquechose, ça sera déduit de leurs salaires ! Un long bruit hydraulique se fait entendre, et la porte tant espérée s’ouvre, le portier saisit sa fille et descend le long de l’étroit corridor…
Tu parles d’un portier ! C’est pas parce qu’on est en cavale qu’il faut oublier ce pourquoi on est payé. Au moment ou je lâche la porte pour aller les rejoindre, le loquet vole en éclat et d’innombrables mains viennent à la rencontre de mon costume italien, et manquent de me saisir le bras pour on ne sait quel martyre. Horreur, pendant que j’évite mon sinistre dessein, la porte se referme lentement dans le même bruit qui m’avait soulagé auparavant. Une main me saisit l’épaule et m’écrase progressivement le trapèze. Je la saisis et découvre qu’elle appartient à cette greluche de secrétaire de direction qui non contente de me bousiller les tympans le matin, m’agrippe l’épaule à présent. Je la saisis et me glisse lentement vers la porte et lâche la main alors que je suis passé avec quelle ne se referme. Mais cette idiote ne retire pas sa main, et continue à s’avancer vers moi, en me fixant de ses yeux morts. La porte se rabat sur le bras et commence à le serrer. Aucune douleur ne se fait sentir de l’autre coté, elle ne bouge pas. Je ne peux détourner les yeux de ce spectacle sordide, elle va se faire mutiler et je ne peux pas bouger.
La porte s’arrête…
Y aurait-il une sécurité ? Un mécanisme pour éviter ce genre de chose, et moi qui n’ai pas lu mon contrat et la notice ! Mais le vérin fait toujours autant de bruit… Le mécanisme s’emballe et finit pas couper la pression. La malheureuse continue de vouloir me saisir ...La porte ne s’est pas arrêtée… C’est son bras qui l’a arrêtée ! Ils n’ont pas de force mais sont incompressibles ! Il faut que je me tire !
Je descend l’escalier en colimaçon, et déboule sur un grand parking ou Carladier essaie d’ouvrir une des trois Mercedes noires garées en face d’un passage à niveau souterrain. Je lui crie en courant vers le poste de garde : -Les clefs sont là, je vous ouvre celle de gauche !
Je saisis une des clefs sur le panneau, et ouvre la voiture à distance, pendant que le portier charge sa cargaison, j’observe la carte informatique, il ne s’agit pas de se tromper sur l’axe à prendre. Et cette gamine qui chiale ! J’ouvre la barrière comme indiqué, et rejoints mon portier et lui faisant signe que je conduis. Il se met à l’avant et se retourne : -C’est rien, ma chérie, on s’en va maintenant. C’est fini. -Fini ? Vous auriez du voir ce que j’ai vu là-haut quand vous m’avez laissé seul entre les deux portes, ces fumiers sont insensibles à la douleur ! -Ma fille est tout ce qui compte, et même pour des millions tous les mois, vous n’êtes que mon patron ! -Et vous vous considérez encore comme mon employé, vous ne manquez pas de souffle !
Je démarre la voiture, allume le GPS et engage la voiture sur le tunnel de gauche. Carladier regarde autour de lui de demande, nerveux : -On est ou ici, un parking souterrain ? -Non. Un réseau routier souterrain. Les plus grands groupes financiers reçoivent de grosses pressions internationales et on doit pouvoir quitter les lieux sans devoir se justifier.
-Un réseau routier ? -Oui une autoroute souterraine qui rejoints les grandes villes de France entre elles, avec une frontière pour l’étranger. -Bon dieu ! Et vous m’avez refusé une augmentation et vous avez fait construire votre sortie de secours perso ! -J’ai créé un groupe financier, pas une antenne ANPE ! Je suis chez moi et j’y construit ce que je veux, sortie perso comprise, et si je vous mens à tous, c’est pour ne pas avoir à faire à vos sarcasmes de salariés moyens qui feraient exactement la même chose que nous s'il étaient à notre place ! -Pas tout le monde ! -Bien sur que si ! Nous sommes un groupe financier et j’ai vu des gens gagner au loto des sommes conséquentes et les plus stupides d’entre eux mangeaient tout au bout d’un an, et les autres deviennent actionnaires et chefs d’entreprise et emmerdaient leurs anciens collègues en devenant leurs patrons. Ce n’est pas l’homme qui fait le rang, c’est le rang qui forme l’homme. -Et bien sur, vous ne comptez pas changer tout ça. Que le meilleur gagne et tant pis pour les autres ! -Vous êtes ou là ? Dans une berline allemande à 60.000 euros avec le PDG en personne en guise de chauffeur qui vous emmène dans sa propriété ou il espère être à l'abri alors ne venez pas me gonfler et bon dieu de bonsoir, faites taire votre gamine !!!
Sur le coup de la colère, la voiture accélère sous mon pied haineux pendant que Carladier essaie de calmer sa morveuse. Le tunnel ponctué de néons haut de gamme, Les yeux rivés au loin, je regarde l’horizon bétonné et remarque avec distance que les néons se mettent à vaciller pour finalement s’éteindre tout le long du tunnel, nous laissant dans un noir complet…
-C’est quoi encore ces conneries », balance-je, alors que j’allume les phares en décélérant. -Chut, écoutez ! murmure Carladier . Je reste immobile, et stoppe la voiture. J’entends alors des bruits de tuyaux lointains. J’émets une hypothèse : -Ils frappent les gouttières ? -Non, répond-il d’un regard figé… Ils descendent jusqu’ici par l’aération…
A suivre...
Michael-David
Le piège - Chapitre IIUne vision telle qu'on en voit dans nos cauchemars qui nous hantent quand nous étions enfants. Le jeune stagiaire referme la porte et se plaque le dos contre elle. J'ouvre la fenêtre de ma baie vitrée et me dirige vers la balcon transparent design, et observe la scène avec l'horreur dans le visage et la curiosité dans les yeux...
Sur chaque trottoir, chaque passage piéton, chaque portion de route, chaque regard des passants, passantes, est fixé sur moi et montrent du doigt le dernier étage de l'immeuble, le visage couvert d'un liquide noirâtre qui s'échappent de leurs sombres yeux. Certains de ses monstres escaladent la facade du batiment par dizaines, et certains en tombent de très haut, sur le béton du trottoir, et ils se relèvent ! Quatre d'entre eux vont bientot arriver à moi....Mais qu'est-ce que c'est que cette connerie, qu'est-ce qui leur arrive à tous ?
Le jeune stagiaire reçoit un très vif coup dans le dos qui le fait paniquer :
"Mr le directeur, on... on nous... on nous attaque !"
De toute façon, même dans une journée normale, je n'ai jamais le temps de finir mon café. Je me précipite sur le tableau de commande des portes coupe-feu et ferme le poussoir, ça nous laissera une issue si ca tourne mal. Je crie au stagiaire de s'écarter de la porte et de venir près de moi pour se préparer à s'enfuir. Au signal, il court et manque de trébucher tant son élan est grand. La porte s'ouvre doucement mais pas entièrement. Mon assitante prend la parole.
"Mr le directeur, un client vous demande dans la salle de réunion principale."
A ces mots, le jeune stagiaire soupire et s'avance vers la porte le sourire aux lèvres, accusant le coup de la panique et ouvre franchement la porte ou il reçoit un coup monumental au visage de la part du portier malpoli. Le malheureux hurle sa douleur et se tenant le crâne et s'écroule sur les fauteuils les plus proches de lui. Le portier laisse retomber l'extincteur en me regardant fixement.
"Monsieur, faut se tirer, ça dégénère en bas"
Cet idiot vient d'assommer mon stagiaire, je viens me pencher sur son corps étendu, il aura une vilaine bosse, ce dont il commence à avoir conscience en gémissant, je m'insurge de suite :
"Mais qu'est ce qui se passe ce matin ? Vous venez de coller un arret maladie à mon photocopieur ! Et c'est quoi tous ces gens dehors qui me fixent ?" On entend maintenant le bruit des escalades contre le batiment. Le portier referme la porte et en redressant le stagiaire sur une chaise, s'explique enfin :
"Tout ce que je sais, c'est qu'il y a cinq minutes, des gens sont venus frapper en masse contre les vitres du batiment, les yeux arrachés. Je ne suis pas payé pour défendre le building des intrusions, mais comme je savais que je n'aurais pas que des pourboires avec eux, je suis grimpé au onxième étage, pour interpeller la direction, et tous étaient dans le même état, mais j'ai fait l'armée de terre, et j'avais un extincteur à porter de main. En venant vous prévenir dans la salle de réunion, une greluche avec une voix de canard m'en a empeché, et depuis, elle n'aura plus de problême avec ces sinus. Maintenant faut se tirer d'ici, avant qu'ils se réveillent, ma fille est dans la salle d'entretien, et je dois aller la chercher avant qu'ils ne la trouvent".
"Vous cachez votre fille ici ? Mais qu'est ce qu'ils me veulent ? Putain, c'est une mauvaise journée ! Comment vous appellez vous ?"
"Jérôme Carladier, ça rime avec portier, si ça peut vous aider"
Très drôle. Mais ça ne résoud pas le problème de l'invasion, Cela agit comme un virus, se propageant vers moi, mais que cherche-t'il ? Moi et Carladier empruntons la sortie de secours que j'ai sécurisée quelques minutes plus tot, en laissant ce malheureux stagiaire aux mains des "yeux noirs". L'escalier est sombre et étroit. Les choses commencent à s'agiter au dehors, mais je reste confiant, je ne vais pas baisser les bras à la première grève venue !
Alors que Carladier pousse la porte du rée de chaussée, je lui retiens le bras en lui rappellant qu'ils sont peut-être derrière. Il me répond sans tarder :
"Je dois récupérer ma fille, elle est dans le couloir d'en face. Si vous n'avez que votre comptabilité à sauver, moi j'ai ma fille que je ne peux pas faire garder à cause du salaire que vous me donnez, aidez moi à la ramener ou débrouillez vous seul !"
"Comment ça, le salaire que je vous donne ?.. Bref ! Je vous couvre mais dépéchez vous".
Carladier pousse la porte violemment et ramasse un pot de fleurs en céramique posé juste à droite de la porte, je passe la tête au dehors pour admirer le trsite spectacle de mon hall d'accueil dévasté lorsqu'il frappe alors deux courtiers hagards aux yeux sombres qui lui barrent le passage, et s'empresse d'ouvrir la porte d'entretien et de prendre dans ses bras une petite fille en pleurs de trois ans, en me faisant glisser le pot jusqu'à mes pieds. Je le saisis et un nombre incalculable d'yeux meurtris nous fixent alors de part et d'autre du corridor.
"Et là, on fait quoi ?" lance-je au père apparemment peu inquiet.
"Dans la salle d'entretien, j'ai remarqué qu'il y a une porte fermée avec un code à carte, c'est le moment je crois"
Surement pas, il est hors de question qu'un portier emprunte ce passage. En brandissant mon pot vers nos assaillants qui s'approchent, bloquant toute sortie, je rétorque :
"C'est l'accès aux compteurs électriques du bâtiment, il n'y a pas de sortie par là"
Le portier change sa petit fille de bras en fronçant des sourcils, il panique :
"Il y a un courant d'air qui passe sous cette porte, et elle est cachée derrière des cartons, ce n'est pas le compteur électrique, alors maintenant mettez votre carte dans cette porte ou je vais venir la chercher moi-même !"
Les yeux sombres s'approchent encore, ils vont finir par nous encercler. Si je dévoile ce passage, je vais perdre beaucoup de crédibilité et le syndicat du personnel aura des moyens de pressions contre moi. Un des yeux sombres tente de me saisir le bras et je lui assainis un coup sur la tête qui le fait chuter lourdement sur le carrelage. Cet assaillant avait un nom ce matin, c'était Jérémy.
Plus d'hésitation possible, je pose le pot devant moi, sors ma lourde carte magnétique de ma veste et la lance à Carladier qui la saisit sèchement avec un regard qui en dit long sur ses pensées. Je peux dire adieu à mes grands airs, je suis en fuite avec mon portier...
A suivre...
Michael-David le piège - Chapitre ILe chauffeur m'ouvre la porte de la Mercedes comme tous les matins et me souhaite une bonne journée auquel je ne réponds que d'un bref signe de tête. Ma malette en main et mon costume noir se reflétant dans la baie vitrée ou je m'approche, là ou j'aperçois dejà au travers mon personnel se hâter de reprendre leurs postes respectifs pour lesquels je les paye aussi cher, je finis par entrer dans le batiment, munis de mon regard froid et lunettes noires encore sur le nez, jusqu'a l'ascenseur ou j'entends à peine les tonnes de "bonjour Monsieur le directeur"...
J'entre dans l'ascenseur, me retourne et donne aussi sec mon étage au portier. Il s'éxécute sans me dire "Monsieur le directeur" à la fin de sa phrase. Les gens sont d'une impolitesse remarquable. Il ne me regarde pas et ne semble pas impressionné par ma présence comme les autres pingouins, malgré sa petite taille et son air poupon. Le genre d'individu que je respecterai presque si je n'étais aussi fier...
Mon assistante me rejoints à l'entrée du 11ème étage ou elle me sort un rapide topo de la journée passée, ce dont je n'écoute pas un mot, non pas par désintéret, mais parce que sa voix nasale m'irite au plus haut point. Ca n'est pas difficile : ou je me fiche de ce qu'elle a à me dire, ou je la vire.
La réunion a déjà commencé. Mes conseillers, consultants, avocats d'affaires et autres comptables sont déjà attablés et s'affairent tandis que j'entre m'assoir a la place du fond, sans un bonjour, dans mon fauteuil que je sens chaud, on l'a utilisé en mon absence.
"Bonjour Mr le directeur, nous avons la quasi-certitude d'entrevoir un terme aux créances du mois dernier, nos clients ont commencé à nous adresser leurs paiements" me sort, souriant, un comptable un peu timide, Jérémy, il me semble. Coincé mais plein de bonne volonté. C'est épatant qu'il prenne la parole en premier.
Mon voisin de gauche me tend un bilan tenant sur une feuille, ou je lis seulement un chiffre misérablement bas au bas de cette même feuille. A cette vue, je repose la feuille et désigne de mon doigt inquisiteur le malheureux qui vient de me parler :
-"C'est ça votre chiffre du mois ? Qui s'est permis de dilapider mon argent à des miséreux qui ne peuvent pas rembourser ? Vous voulez faire dans l'humanitaire ? démissionnez et rejoignez les petits frères des pauvres, mais si le mois prochain, l'intégralité des créances n'est pas sur cette feuille, je vous mettrai dehors moi-même de cette batîsse et je m'assurerai que vous ne pourriez même pas payer votre téléviseur en trois fois dans un supermarché, c'est limpide ?
A ces mots, le pauvre comptable bégaie et marmone une faible excuse et de ses mains tremblantes s'assure que son col est bien ajusté. Je le coupe sans ménagement :
"Silence. Tout le monde dehors, allez travailler et ramenez moi mon blé ou le directeur des ressources humaines aura soudainement du boulot, DEHORS !"
Le petit monde s'exécute, tous ferment ses dossiers et se lèvent en balançant des "Bonne journée Mr le directeur" à tout va. Sur mon fauteuil, je tourne et retourne mon stylo d'argent dans ma main moite. J'ai créé une société avec l'appui des meilleures banques et groupes financiers et je ne tolère pas un écart dans mes comptes. Depuis les lois sur l'endettement familial, les sociétés de consommateurs ralentissent les créanciers...Encore cette greluche d'assistante qui vient me bousiller les tympans.
"Mr le directeur, vous pourriez me signer cet acte de vente d'actions, s'il vous plaît ?" Je prends aussitôt mon stylo, et d'une voix cynique lui sort que je signerai ce quelle voudra si elle veut bien se faire opérer des sinus".
"Mr le directeur a retrouvé son humour" dit-elle en s'en allant droit comme un pigeon de campagne. J'ai un personnel de daube, je n'aurais pas du venir aujourd'hui, ils vont tous me casser les rouleaux. Je vais me prendre un café, ça va surement aller m... Qu'est-ce qui passe devant le batiment, il va sans doute pleuvoir... Cette cafetière n'est jamais à sa place... Mais c'est qu'il va faire carrément nuit... Un homme entre sans frapper et, essouflé, me demande timidement :
"Mr le directeur, vous avez vu au dehors ?"
Qu'est ce que ça veut dire, ce cirque....Ma tasse à la main, je m'approche de la baie vitrée et observe la route... C'est dingue ça.... Ma tasse m'échappe des mains et le café se renverse lentement sur le sol....
"Mr...Mr le Directeur..." dit le jeune stagiaire.
Je recule de quelques pas et sort d'une voix affolée :
"Mais dites moi ce qu'il se passe, qu'est-ce qu'il leur prend à tous ? "
A suivre...
Michael-David Noces funéraires - Chapitre V - (Si ce n'est pas déjà fait, lisez d'abord le chapitre I, le II, le III puis le IV)
Mercredi - 10H34 - Chez mes grand-parents
Les choses tant redoutées et pourtant si courantes dans un enterrement arrivent enfin : la chialerie de groupe. Quelques cercles se forment pour mieux s’entendre gémir, quand je décide de sortir après avoir effectué mon devoir de petit-fils. Mon frère s’appuie contre le rebord de la porte, visiblement affecté par ce triste spectacle. J’entends malgré moi les « couinements » d’une de mes tantes, réputée émotive au plus haut point, implorant le réveil de son père. On est en pleine tragédie grecque, et je hais ces moments…
Revoilà mes amis fossoyeurs qui font signe à l’assemblée que le départ pour l’église va s’opérer. Super, un peu d’action, ce soap opéra commence à me brouter gentiment.
Chacun dans sa voiture pour le tournage d’une séquence que j’adore, le défilé mortuaire. Tout y est ! Le corbillard qui transporte feu mon grand-père, les gerbes de fleurs immenses qui l’ornent, les voitures derrière qui se bousillent l’embrayage a roulé sur la première vitesse, et bien sur, moi au milieu de tout ça, qui a même klaxonné deux fois pour faire style sous les regards froids de ma famille. Les gens n’ont vraiment pas d’humour…
Mercredi -11H06 - Eglise de Cherves-richemont (Charente)
La lente course se poursuit, quand à notre arrivée devant l’église fut un choc sans précédent : un tel monde autour de m’église comme si une star locale venait de s’éteindre. Ce ne peut être pour mon grand-père, il était trop casanier… ou alors viennent-ils tous de son club de rugby ?
Le cortège funéraire s’arrête enfin devant l’église et nous sommes tous forcés de reconnaître ce que nous pensions impensable, deux centaines de personnes étaient bien là, fleurs à la main et larmes à l’œil, venu pour mon grand-père. Démentiel, et moi qui ai failli raté ça ! Ma famille et moi garons nos véhicules avec l’anxiété d’un politicien avant un meeting. Difficile de faire les malheureux devant une telle foule qui s’accumule autour de l’église, je me surprends à marcher tête haute et à retenir quelques mots dans ma bouche « Le président est mort, vive le président !»
Mais non, le coup du klaxon, c’était bien assez. Oups ! La famille est pratiquement rentrée dans l’église et je suis encore loin, des inconnus se mettent en travers de mon chemin, et je ne peux avancer. Que faire ? je me mets sur la pointe des pieds pour faire signe à ma mère de me garder une place pour le spectacle, mais je n’ai en échange qu’une réprimande de son catalogue : « Allez dépêche-toi, ne te fais pas remarquer !»
Mais je fais comment, moi ? Avec tous ces vieux qui me barrent la route et qui avancent moins vite que nous en voiture tout à l’heure. Devant le regard maternel on ne peut plus menaçant, je tapote l’épaule d’un papy devant moi en lui demandant de m’excuser pour mon passage, il me laisse passer de suite sans vraiment comprendre, je réitère avec un autre vieux monsieur qui peine à avancer. Encore quelques mètres… « Pardon Madame, je dois passer, excusez moi » La vieille se retourne d’un coup, oh ! La dame venue chercher ses poireaux !
Devant mes yeux ouverts à en sortir des orbites, la vieille malpolie dresse un majeur inquisiteur et me sort froidement : « Dites donc, jeune homme, on ne vous a pas appris la patience ? Vous pourriez attendre que nous, vieilles personnes, n’entrons d’abord non ? » Bien évidemment, les remontrances attirent le regard des autres personnes aux alentours, et une chaleur de mal à l’aise parcourt mon dos de haut en bas. Vieille peau, je vais te fumer !
« Je suis désolé, je… ma mère m’attends, on va enterrer… mon grand-père »
A ces mots, tel Moïse le prophète au bâton illuminateur, ouvre la foule telle une mer déchaînée, les petits vieux s’écartent en me laissant une voie royale pour entrer dans l’église. Je m’exécute tout sourire, en pénétrant dans la maison du Seigneur ou m’attends ma mère qui me sort la phrase que j’attendais…
« Tu ne peux pas t’empêcher de faire ton intelligent… Bravo ! »
HonteTu ris de moi, discrètement comme pour te ménager,
Alors que tu avais laissé d'abord le silence me retenir,
Enjoué de mes gestes habiles et fier de mes pensées,
Je n'ai pas osé prévoir que je pouvais faillir.
Mes bras et ma tête endoloris d'avoir tant supporté,
Que ses larmes et sombres ivresses que je ne pouvais guérir,
Ma place et mes yeux, j'ai su toujours gardés,
Mais les siens remplis de tendresse, je ne pourrais jamais quérir.
Frappé de colère et de questions sans importance,
Et tant d'effort pour garder ma fierté en vie,
Quelles vertus dont je déplore l'absence,
N'avais-je pas pour qu'au moins elle me sourie...
Partir au loin sans jamais revenir d'ici ou d'ailleurs,
Sans permettre que le chagrin monte,
Vaincre cet espoir stupide, et ne garder que le meilleur,
Et attendre que me libère un jour la honte...
Michael-David
Honte : susbt, f. Déshonneur. Sentiment pénible qu'à une personne ayant vécu une situation humiliante, entraînant la confusion et l'embarras dans son esprit.
De Haunipa : "dédain, mépris"
Noces Funéraires - Chapitre IV (Si ça n'est pas déjà fait, lisez d'abord le chapitre I, puis le chapitre II, puis le chapitre III)
Mercredi - 10h16 – Chez mes grands-parents Mes poings se referment dans mes manches d’un costume trop grand pour moi pour l’affront cadavérique auquel je suis convié. Je m’approche lentement de la porte d’entrée entr’ouverte de la maison qui abrite Feu mon grand-père. Avant de franchir le seuil, je me retourne pour voir que mon frère regarde dans ma direction en signe de «s’il y va, il va falloir que j’y aille aussi ». De la buée se forme sur la vitre au passage de ma bouche qui respire un peu fort, puis j’entre finalement dans le salon ou je suis assailli de gémissements et de sanglots à n’en plus finir.
Au jeu du «chaud et froid», on dirait que je suis chaud…
Ma mère tend sa main vers moi, toujours sûre d’elle et guide de tous les plus solennels moments familiaux, me prend le bras et m’emmène en se frayant un passage entre les protagonistes grands et immobiles que sont ma famille, méconnaissables par leur visages pâles et malmenés par la douleur, jusqu’à la porte ouverte de la petite chambre ou sommeille le cercueil…
Je croise pendant mon périple maternel, mon cousin, dont l’homosexualité trahissante, fait pleurer à chaudes larmes ce grand-père «qu’il aurait du visiter plus souvent». Rien de drôle ne me vient à l’esprit, aucune phrase, aucune remarque ne pouvant dédramatiser ces sombres instants. Je ne suis plus acteur mais spectateur pris dans une tourmente de douleurs et de chagrins si clairement exprimés qu’essayer de dominer tout cela par une parole sarcastique est purement vaine. Le théâtre de la douleur a réuni ses meilleurs éléments dans une pièce ou, même au fond de la salle, on se sent envahi d’une pression lourde et étouffante d’émotion qu’on ne cherche pas à s’en défaire, on suit le chemin que l’on trace pour nous, jusqu’à ce qu’on décide de vous libérer.
Une chose me frappe à la vue de ce funèbre spectacle : le cercueil est incontestablement trop petit pour lui. Le malheureux est littéralement étouffé de toutes parts dans un cercueil qui ne me conviendrait même pas. Malgré toutes les moqueries que j’ai débitées, toutes les choses que j’ai pu qualifiées de futilités, toutes les douleurs que j’ai décrites comme non fondées, cette vision me parait comme celle d’un homme qui débute son grand sommeil dans un lit ou il est enchaîné mais ne se sentira jamais à son aise, et ce devant sa femme, ses enfants, ses brus et ses gendres, ses petits-enfants. Mais il dort, l’air serein, dans une dignité que je ne peux que saluer en ce jour ou je me demandais ce que je faisais là, je suis devant ce que j’ai toujours voulu admirer en lui, un homme digne…
Michael-David Lettres aux ...hommes bien...
Voici quelques raisons pourquoi nous, les garçons, nous aimons les filles:
- La manière qu'elle embrasse lorsqu'on lui dit " je t'aime ". - Lorsqu'elle se glisse entre nos bras pour pleurer, Michael-David Les mariages de raison
Sans coup de foudre ni passion, les unions raisonnables font leur retour. Surtout pour une génération marquée par les divorces. Souvent plus solides que les mariages d´amour, elles peuvent même faire des envieux.
Je ne connaissais Marie que depuis six mois lorsqu´elle m´a annoncé qu´elle était enceinte : je me suis senti piégé. Je n´ai rien contre l´idée du mariage et des enfants, mais pas comme ça, pas si vite. Après réflexion, la raison l´a emporté. Je n´étais pas amoureux, mais j´ai cédé au nom de mes principes et de mon éducation. Je ne voyais pas d´autre solution. » A 35 ans, Gilles s´apprête à signer pour un mariage de raison, version XXIe siècle. Perpétuant une coutume encore en vigueur dans les pays du monde musulman et hindouiste, il dira bientôt : « Oui, je le veux », en pensant : « Oui, je le dois », « parce qu´il le faut ». Parce que les pressions familiales et morales sont plus fortes. Moins de passions, Plus d'ennui ? Mais à quel avenir peut prétendre un couple lancé dans le mariage sans amour ? « Le risque, dans une relation qui n´est animée par aucune étincelle, est qu´avec le temps, au moins l´un des partenaires sombre dans l´ennui et décide finalement d´aller vivre ailleurs l´expérience de la passion », estime Sylvie Tennenbaum, psychothérapeute de couple. Le bénéfice de l'expérience A l´opposé du calcul, il y a la raison, « et la raison implique la maturité », poursuit le psychiatre. Cela se voit surtout dans le cas d´un second ou d´un troisième mariage : chacun des partenaires tire profit de ce qu´il a vécu pour s´engager dans une relation qui n´est effectivement pas la passion absolue, mais qui est "raisonnable" parce qu´elle se construit sur un certain nombre d´acquis et d´expériences passées.
Ensuite, parce que, comme l´explique la psychiatre et thérapeute de couple Sylvie Angel, même les partenaires qui croient se choisir par amour réalisent inconsciemment des mariages arrangés : « C´est un compagnon qui a la même histoire, le même niveau socioculturel, les mêmes valeurs morales, ou qui répare une blessure familiale. » Inconscientes, calculées ou raisonnables, il y a toujours de bonnes raisons pour se marier. Ne serait-ce que le désir de vivre mieux à deux que tout seul !
Michael-David Lettre...pour moi
Bonjour mon cœur,
Je suis actuellement à Nancy en visite dans la famille et je n’ai pas mon téléphone. J’en suis très frustrée car je ne peux t’appeler. J’aurais tellement voulu te soutenir dans ton aménagement, savoir comment cela se passait. Je suis persuadée que tu as fait de ton mieux, et que tous tes instruments ont trouvé une place privilégiée, que tu peux enfin t’exprimer en toute liberté dans ton propre espace. Même si tu as les inconvénients de ne pas trop savoir cuisiner, tu as ta propre autonomie. J’ai du remonter en Lorraine car lors du concert de Phil Collins, j’avais oublié plusieurs de mes affaires, dont certains médicaments, les imprimés pour avoir les photos et vêtements. Je devais être encore sous le charme, et j’en aurais presque oublié ma tête.
Si j’avais eu ton adresse le week-end ou tu as pris possession de ton appartement, je serai passée te voir, car j’étais sur Jarnac, enfin dans les environs…
J’ai essayé de te trouver, mais sans succès. Je sais que tu aurais un choc, mais j’avais très envie de te surprendre agréablement, de te voir, de te toucher…
Même si le moment était très mal choisi, bien que pour moi il aurait été parfait, car en te surprenant, alors que tu étais très occupé, tu n’aurais pas pu réagir comme tu le ferais en temps normal. Comme je suis très joueuse !
Tu dois te demander pourquoi j’étais sur Jarnac ce fameux week-end. Et bien lorsque j’étais dans le train, je ne pensais qu’à toi. Et sur un coup de tête, je suis descendue à la première gare (Poitiers) et j’ai fait demi-tour. Je ne pouvais concevoir de partir sur Tours, sachant que j’avais une chance de te surprendre. Mes efforts ont été vains. J’ai repris le train la mort dans l’âme. Maintenant que l’incident est clos, je peux bien te l’avouer.
Mais dès que je peux, c'est-à-dire très très prochainement, je te ferai la surprise d’être à ta porte, pas avec des fleurs, quoi que…
Nous allons enfin être bientôt réunis. Ma peau guérit très vite, et malgré les légères traces qui restent (mais qui vont disparaître avant la fin de l’année), je suis sure que tu m’accepteras telle que je suis.
Je t’embrasse très tendrement.
Mag
Cette lettre fut la dernière nouvelle qu’elle m’a adressée. Maguy, 27 ans, a péri du cancer qui la tenait depuis son adolescence, alors qu’elle s’apprêtait à me rejoindre. Ne faisant pas partie de la famille, je ne connais ni la date exacte de son décès, ni son lieu d’enterrement.
Je n’ai plus qu’à serrer les poings, et garder mes yeux secs…
Criminel d'un jour...
Du haut de mon épaule, je vois le macadam s’imprégner de l’essence qui coulait goûte après goûte, sur la carrosserie pour se perdre à jamais. J’ai baissé mon arme, ma victime est libre de partir à présent, les yeux rivés sur les miens, la bouche béante, les mains serrant sa carte de crédit que je viens de lui rendre…
H – 3h
Le chemin est long quand on n’est pas sur d’arriver à bon port. La fenêtre ouverte, elle respire fort, nous n’avons pas dit un mot depuis le départ de la station ou je n’ai rien pu prendre. Le cœur lourd et l’esprit occupé, je regarde frénétiquement la jauge en pensant que cette maudite bagnole pour fils à papa consomme plus qu’elle ne roule… -«Tu crois qu’on va y arriver ?» demande-t-elle d’une voix ingénue. -«On essaye, toujours…» réponds-je sans quitter les yeux de la route que je vois s’étendre comme une pelote de laine qu’on lance devant soi en gardant un fil dans sa main et qu’on tire dessus pour la faire revenir. Nous arrivons à un pont ou la circulation est assez fluide. Voir l’eau en dessous nous apaise et nous arrache même un sourire qui nous manque depuis un moment. Je lui tiens sa main en guise de courage et profite de la descente pour me mettre au point mort. Nous dévalons cette pente en douceur, sans un bruit, seul le vent frappe nos visages anxieux…
H – 2h
Je ralentis la voiture pour économiser. Ce dont je m’attendais n’a pas tardé, mon amie s’insurge de suite : -«C’est abusé, là, tu peux rouler plus vite quand même !» -«Si j’accélère et revient à plus de 100 km/h , tu es quitte pour faire du stop, alors tu me laisse faire ou tu préfères définir tout de suite à pile ou face lequel nous deux conduiras pendant que l’autre pousseras ?» Aces mots, elle soupira lourdement comme a son habitude, et s’assied au plus profond de son siège comme un geste de déni. L’anxiété me gagne, je perds ma courtoisie, mais bon sang, comment j’ai pu oublier mon portefeuille ! Etant le seul fautif, je me risque à lui prendre la main en signe d’excuse et alors qu’elle me la serre en s’essuyant un œil, je me penche près d’elle pour lui dire : -«Si on tombe en panne sèche et que tu fais du stop, il y aura tous les conducteurs derrière nous pour te tendre un bidon plein…»
H – 1h
Nous pénétrons dans la ville ou nous nous rendions. Un sourire s’installe alors sur nos lèvres crispées depuis lors et j’arrive devant la base ou elle séjourne. Son amie vient à notre rencontre. Quelques coups de fils passés sur ce parking me confirment que personne ne peut m’aider, le contraire m’aura étonné. Que j’entende dire encore une seule petite fois que le sud de la France est accueillant… -«Ca va aller ? Comment tu vas rentrer ?» me demande mon amie en fumant la cigarette du condamné à la place du condamné. -«Je vais me débrouiller, il y a bien des gens qui auront pitié d’un pauvre gosse de riche en panne d’intelligence…» dis-je sarcastiquement.
Une partie seulement du problème vient d’être réglée, l’autre consiste à me demander comment je vais rentrer à présent, sans argent, sans pièces d’identité, à 21h30 un dimanche soir…
H – 0h30
Me voici dans le siège de l’infortune arrêté sur un parking. Je viens d’essayer toutes les chances de ce cas de figure dans succès. Par chance, j’ai mon téléphone avec moi, mais lui aussi n’a servi à rien d’autre qu’à essuyer des refus. La mort dans l’âme, je referme la portière et met, peut-être une dernière fois, le contact pour un ultime tour d’essai. Je déambule jusqu’à la sortie de la ville, et me gare sur le bas-côté. Il y a un restaurant japonais en face ou un membre du personnel fait mine de ne pas me comprendre. L’idiot se trahit en répondant à ma question ou moment ou je fais demi-tour : -«Ca sent très bon ici, je viendrai à l’occasion…» -«Merci Monsieur. Bonne soirée…» Ordure…Je suis pris au piège et rien pour m’en sortir. Tiens, un monsieur bricole son portail juste devant ma voiture, je traverse la route et je viens à sa rencontre. L’homme est assez robuste, a une trentaine d’années, porte un short vert bon marché et des sandales brunes. -«Excusez-moi de vous déranger, Monsieur. Je suis en panne d’essence, j’ai oublié mon portefeuille. Est-ce que je peux me permettre de vous …» L’homme se lève, ahuri, et dit avec un accent du sud que je ne peux plus sentir, et m’interrompt : -«Vous avez été voir au resto en face ?» Je me retourne alors, et les mains jointes, je lui réponds doucement : -«Oui, j’en viens, ils ont du mal à me comprendre. Je ne…» Il m’interrompt à nouveau : -«Je peux rien pour vous, moi, désolé.» répond-il avec dédain en ramassant ces outils. Je n’ai plus rien à faire ici. -«Désolé de vous avoir dérangé, alors à demain» alors que je me retourne pour partir, l’homme se lève brusquement et fronce les sourcils : -«Pourquoi demain ?» -«Parce que si personne ne m’aide, je ne peux pas repartir d’ici» L’homme s’approche de moi et désignant ma voiture de son tournevis, dit sèchement : -«Vous allez vous barrer de là, sinon j’appelle les flics !» Sans me retourner, je lui réponds aussi sec : -«Si vous pouviez le faire, vous serez bien gentil, je n’y suis pas parvenu tout à l’heure». L’homme ramasse son dernier outil à coté de son portail et marmonne en les rangeant dans sa caisse : -«Ben démerdez-vous ! Moi j’oublie pas les affaires quand je vais me perdre chez les autres !» Je lui rétorque aussi sec : -«Si un jour cela devait vous arrivez, j’espère que vous ne tomberez pas sur quelqu’un comme vous !»
Dans quel coin de la France chauvine je me trouve ? Que les gens soient près de leurs sous passe encore, mais qu’ils me prennent pour un pique-assiette doublé d’un « manque pas d’air à demander de l’aide avec la bagnole qu’il a» ! Ma respiration se fait plus forte et difficile, les cent pas devienne un besoin ce dont je m’exécute autour de ma monture immobile et affamée. Des sanglots montent tout autour de mes yeux, mes mains tremblent… Je ne vais pas rester là… Ses mots résonnent comme un appel… je dois trouver un moyen…Ma tête me fait mal… bandes de salauds, ça peut arriver à tout le monde…J’ai un peu le vertige… Ville de radins, on pourrait même mourir sous votre nez que vous ne bougeriez pas… Je ne contrôle plus mes pensées…des monstruosités prennent forme dans ma tête… Je suis fatigué d’être là !!! Je veux partir !!!
Mon regard se retourne alors vers l’homme penché qui redresse la tête en silence, comme pour sentir le danger, je me précipite sur la portière passager de ma voiture et saisit sous mon le siège mon petit revolver, il est inoffensif, il envoie des billes de plastique mais il offre une apparence véritable. Je le serre dans ma main en sentant le pouvoir éphémère qu’il dégage en moi, je sors de la voiture en claquant la porte, et me dirige, arme fantoche levée, contre l’homme ahuri qui lâche aussitôt ses outils, dans des balbutiements presque pitoyables. Je saisis un de ces outils au hasard, une clé anglaise et lui envoie un coup royal contre son oreille gauche, l’homme se déporte sur la droite et, en serrant la tête de ses mains, pousse un cri de douleur qui me mets hors de moi. Je lui saisis le bras et lui apposant le revolver sur son crâne, lui somme de me conduire à l’endroit ou il cache sa carte bancaire. L’homme, le visage crispé de douleur me demande de ne pas le tuer, qu’il donnera tout, je lui écrase alors le canon contre son front et lui dit nerveusement : -«Je veux pas de ton argent, je veux partir ! Emmène-moi là où tu caches ta carte, gros demeuré !» L’homme se relève péniblement en gémissant, je lui ai fait un geste en direction de sa maison en lui ordonne de se presser. Il s’exécute en se tenant l’oreille, je le suis jusqu’à sa porte d’entrée ou il prend un portefeuille de cuir brun sur un meuble et me le tend en disant que je peux prendre le liquide…
Ce con n’a rien compris…
Je prends son portefeuille, je sors la carte bancaire que j’y trouve et la fourre dans mon jean, je jette son portefeuille sur la table ce dont il observe avec étonnement. Je lui saisis les cheveux, et l’oblige à s’agenouiller d’un coup de poing au visage, l’homme s’écroule alors en se laissant échapper un cri bref. Je lui crie en secouant sa tête meurtrie : -«Je veux pas de ton fric, je veux de l’essence ! Tu vas monter avec moi, on va aller à une station, tu vas me taper ton code que je ne veux pas connaître et je vais foutre le camp d’ici, c’est clair ?» A ces mots, je traîne l’individu par le bras jusqu’à ma voiture en maintenant l’arme contre l’arrière de sa tête. Je le fais monter dans la voiture pour le faire conduire, et je constate après mettre installer à coté de lui, qu’il a une plaie ensanglantée sous l’oreille brutalisée et le visage empreint d’une contusion bleuâtre. L’homme démarre et conduit jusqu’à une station proche de son domicile. Pendant le trajet, il jure qu’il va s’évanouir, que je suis un fou échappé d’un asile, et qu’il aurait mieux fait d’écouter sa femme quand elle lui disait depuis 1 mois de s’occuper de cette grille. Dès la voiture stationnée, je lui somme de descendre et lui ordonne d’aller placer sa carte dans la machine et de prendre pour vingt euros d’essence sans plomb 95. L’homme tremble encore se frictionne la tête, il s’exécute en disant en bord des larmes : -«Vous m’agressez pour me prendre vingt euros ?» -«Je ne suis pas venu te dépouiller, je suis venu gentiment te demander de l’aide après que 12 personnes aient refusé elles aussi, mais tu m’as renvoyé chier, j’ai craqué les boulons juste devant ta porte alors c’est à toi de payer ! Maintenant si tu me fais le coup du «je me souviens plus du code de ma carte», je te colle un pruneau et je prends tout ce que t’as ! L’homme entre sa carte, tape son code, et vers l’essence dans mon réservoir. Pendant que l’essence coule, l’homme regarde ses pieds pour détourner mon regard alors que je le fixe droit dans les yeux, du mépris et de la colère plein la tête, tenant mon arme factice à deux mains pointée contre sa poitrine se gonflant au rythme de sa respiration. A mains nues, il m’aurait très nettement envoyé au tapis, mais il y a quelques minutes de cela, je lui ai fait dévaler son escalier en le traînant par le bras alors qu’il venant de prendre un crochet du droit des mains d’un garçon qui, malgré son faible poids, aurait pu le tuer à coup de clé sur le crâne. Les dernières goûtes d’essence tombent au sol comme les restes de ma conscience qui revenait progressivement en moi. Je sors la carte de la machine et lui tend alors que, mon arme baissée, plus rien ne le menace, je lis le nom sur la carte pour lui dire : -«Je vous dirai bien merci, Mr Frédéric G., mais j’ai peur que vous ne me croyez pas sincère…» L’homme reste immobile sur le béton éclairé de néon, la carte serrée entre ses mains, et voit que je jette après être monté dans la voiture, le son d’un bout de plastique qui tombe sur le plancher…
Les mots seraient un langage trop vague pour vous dire à quel point, sur le chemin du retour, je me sentais d’abord abandonné et livré à moi-même dans l’indifférence générale, puis acteur d’un abandon en le laissant rentrer chez lui à pied. Je m’en suis pris à lui dans une violence telle que l’on peut observer à la télévision, sans autre forme d’explication. Au jour d’aujourd’hui, je ne me souviens pas avoir tenu cette arme mais croit avoir vu un autre « moi » le faire, comme si mon esprit s’était détaché de mon corps pour aller attaquer ce malheureux, pendant que je regardais la scène, immobile. Un tel geste est totalement inconcevable de ma part, mais le Dimanche 6 Août 2005 fut celui ou Michael-David fut un criminel pour quelques instants… Le Triangle des Valeurs Sociales
Quelles valeurs pensons-nous détenir ? Quelles notions savons nous enseigner ? Avons-nous un solide bagage pour nous permettre de vivre ensemble, en communauté et faire preuve d’impartialité en toutes circonstances ?
L’église nous enseigne l’amour de Dieu et d’autrui, la science nous enseigne la logique et le bon sens. La littérature et l’art nous enseignent les émotions. L’école nous apprend la sociabilité, la courtoisie comme nos parents, le devoir familial. Toutes ces institutions forment chacun d’entre nous à engranger différentes valeurs qui, assemblées et enrichies, feront de nôtre patrimoine social quelque chose de plus ou moins développé selon les individus.
Tous ces notions et règles en tous genres peuvent être réunies en catégories. Trois catégories qui séparent ces notions en ensembles simples et distincts, pour mieux les comprendre et les assimiler. Bien plus que des «tu ne tueras point, tu ne voleras point», de véritables associations d’idées peuvent se créer par la suite…
La loyauté : Tout ce qui se réfère à la justice, au sens notionnel du terme. L’honnêteté, l’équité, reconnaître son prochain comme égal à soi-même, le saluer, le traiter avec un minimum d’égards. Ne pas l’affronter sans qu’il puisse se défendre, et protéger ceux qui ne le peuvent pas, autant que possible. La politesse et la courtoisie : «Rabaissez-vous et vous serez élevé, élevez-vous et vous serez rabaissé» Extrait de la Bible.
L’intelligence : La vie est une immensité, voire une infinité de connaissances qui a permis à l’Homme de comprendre son environnement donc se comprendre lui-même. Il doit beaucoup à la science et doit la favoriser pour se favoriser lui-même et pour le meilleur avenir de sa descendance. Apprendre de toutes situations, même venant de gens ou de choses qui vous paraissent insignifiants et créer votre propre banque intellectuelle, pour qu’un jour la transmettre à votre prochain. La réflexion et le bon sens sont propres de l’homme, prendre les décisions avec un minimum de jugement. Savoir que « lorsqu’une personne âgée décède, c’est une bibliothèque qui brûle ».
La sensibilité : Lorsque la tête a parlé, le cœur peut prendre sa place. Prendre en compte les sentiments de chacun dans un cas difficile, s’accorder de la compassion pour le malheur d’autrui, ouvrir son cœur quand il le faut, et s’exprimer dans des domaines où seul lui peut vous donner des mots pour le faire. La solidarité dans des moments difficiles ont sauvé beaucoup d’entre nous et ré aiguiller nos esprits vers une vie normale. Comprendre la détresse et la douleur que chacun peut subir et toujours faire au mieux pour définir que « de deux maux, il faut choisir le moindre ».
Toutes ces valeurs auxquelles chacun conviendra se faire respecter ne tiennent pas compte de la personnalité et de l’humeur de l’Homme, de sa culture, de sa nationalité ou de sa religion. Il ne s’agit que d’un échantillon de ce qu’est la société et ses coutumes humaines. Rappelons que l’Homme est un mammifère terrestre qui vit en communauté, il ne s’épanouit qu’au contact de ses pairs.
Michael-David Rencontre avec les Créateurs
Le bien et le mal. Qui n’a jamais rêvé de rencontrer ses deux mêmes notions personnifiées que sont le Dieu et le Diable ? A la fois absents et si présents dans nos vies ou ces deux préceptes perd parfois sons sens, je m’endors ce soir-là dans l’espoir de les rencontrer tous deux sur le même terrain neutre et pouvoir les questionner sur le réel sens que l’on doit en conserver…
A peine quelques images que mon inconscient m’affiche aux premières secondes de sommeil paradoxal que la rencontre a lieu, je me trouve dans une sorte de tunnel qui aurait pu être celui d’une catacombe, humide et sombre ou j’avance à tâtons J’entends avec le bruit de mes pas, le vent qui s’engouffre dans les tunnels adjacents. Une lumière blanche m’éclaire à travers les barreaux des ouvertures au plafond pendant que je m’avance au fond du couloir qui donne sur une salle obscure, dont l’éclairage représente une sorte de cercle au géant au sol, la pièce m’a l’air immense. Je m’avance au milieu du cercle de lumière et lors de mon dernier pas, je sens un tremblement redoutable sous mes pieds, quelque chose d’une taille démentielle approche mais rien autour de moi…
Un cri fort et strident se fait entendre, la peur et la panique me gagne, l’attente est insoutenable, un souffle froid parcourt mon dos et me fait trembler d’inquiétude, le bruit se fait de plus en fort, et au moment ou mes tympans vont lâcher… vient alors un tout petit monsieur rondouillard aux cheveux blancs dégarnis portant une chemise bleue ciel un pantalon noir, des petites lunettes rondes, s’approche et me rejoint au milieu du cercle, calmement le sourire aux lèvres ! En tendant sa main, d’une voix aigue et calme, il me dit : -«Désolé pour le bruit, je n’ai pas éteint mon portable. Comment ça va, jeune homme ?» Tout ce vacarme pour un si petit homme. Les yeux écarquillés, encore tremblant de peur, je réponds d’une vois cassée : -«Oui… mais ou sommes-nous ?» Regardant au tour de lui, souriant quoi qu’il arrive : -«Te laisse pas impressionner, c’est un décor pour les touristes. Il me semble que…» Un souffle chaud nous envahit coupant ses paroles. Une odeur de soufre me fait suffoquer, et pendant que le petit homme se retourne, un pied de biche apparaît au début du cercle. S’avance alors un individu effrayant…
Nulle description ne sera plus fidèle que la vision que j’ai en ce moment. Une peau rouge, des épaisses cornes de taureau dressées sur sa tête aux traits torturés d’une expression agressive, une grande cape noire légère glisse derrière ses pas, des yeux jaunes à l’iris noir si perçants, qu’on ose le regarder plus de quelques secondes dans les yeux, des dents acérées d’une blancheur presque immaculée, le tout d’une taille atteignant les trois mètres. Une vision cauchemardesque mais bien réelle du Diable en personne se tenant debout, devant moi, me fixant d’un regard inquisiteur, oppressant… Le petit monsieur ne semble pas troublé, au contraire, il se retourne vers lui et dit d’une déconcertante simplicité : -«On a failli t’attendre, je te présente Michael David. Il nous a convoqués pour nous …» Le diable l’interrompant, fait entendre sa voix d’une puissance sonore grave, comme si on vous hurlait aux oreilles : -«Convoqués, dis-tu ?» A ces mots, je prends peur, en secouant les mains : -«Je suis sur que vous… vous avez autre chose à faire,…partez si vous le souhaitez…» Le diable fait alors quelques pas vers moi, et alors que je recule d’intimidation, Le dieu me dit : -«Ne sors pas du cercle» -«Oui…» approuve le diable «Reste avec nous, en serre-moi la main » Il tend alors sa main gigantesque pourvus d’ongles noirs saillants. Je murmure alors : -«Si je vous donne ma main, je ne la retrouverai pas, c’est ça ?» Le dieu d’un geste d’une main, fait reculer le diable en disant qu’il ne pouvait pas s’empêcher de se faire remarquer et que je pouvais commencer les questions quand je le voulais. Après avoir repris ma respiration, je me lance : -«Y-a-t’il un paradis et un enfer ?»
A ces mots, le diable rit discrètement d’un tremblement presque sismique, Dieu le regarde alors, et le rire se termine par un haussement d’épaules. Le diable finit par dire, en nous regardant du coin de l’œil : -«Toujours ces mêmes craintes, ces mêmes peurs qui assaillent votre conscience, votre «jugement» mais si ces notions n’existaient pas, vous seriez tels que je vous voudrais, sauvages et inconséquents !» -«Silence !» lance alors le Dieu «Il est venu chercher des réponses, il en aura». S’adressant à moi : -«Il y a un paradis et un enfer, mais ils se trouvent tous deux sur un seul et même territoire : la Terre». Je cherche à préciser : -«Le Terre ? Celle ou nous vivons en ce moment ?» -«Oui, cette terre regroupe à la fois le plus grand bonheur et le plus grand malheur puisque les hommes sont capables des deux, si c’est bien un territoire que tu recherches. Si tu penses à la plénitude de l’âme à la suite du décès du corps, alors il n’y a rien après la mort, tu cesses d’exister puisque le paradis ou l’enfer, tu l’as dès la naissance, et c’est à toi de décider dans lequel de ces mondes tu veux vivre pour le reste de ta vie. L’existence n’est pas éternelle, même la sienne ou la mienne, puisque chacun doit faire du mieux qu’il peut dans le temps qui lui est imparti.» Voilà qui ne va pas plaire à tous les gens qui rêvent d’accéder au ciel, alors que le paradis ou l’enfer, ils y sont déjà. Une autre question me vient : -«Vous dîtes que vous n’êtes pas éternels non plus, d’où venez-vous alors ? Qui vous a crée ? Le diable s’approche alors du Dieu pour lui lancer : -«C’est ça, le jeune garçon intelligent dont tu me parlais ? C’est ça les questions que tu pensais pertinentes de sa part ? Dieu, toujours le sourire aux lèvres, regardant le Diable dans les yeux lui réponds : -«Il a vu tant de choses, tant de bêtises qu’on lui souffle depuis si longtemps, je trouve que son bon sens n’en a pas trop souffert. D’ailleurs, c’est à toi de répondre, cette fois.» Le diable se tourne alors vers moi et répondit : -«C’est vous qui nous avait créé, les Hommes. Vous nous avons donné naissance dans vos esprits pour vous attribuer une entité bienveillante au dessus de vos têtes. Dieu, c’était pour empêcher que les plus forts d’entre vous prennent le pas sur les plus faibles, pour que vous puissiez vous faire pardonner vos immondes péchés que vous effectués avec si peu de remords, pour que vous vous sentiez enfants d’un même père, donc tous frères. Mais s’il fallait un Bon, il fallait aussi un Mauvais. Vous m’avez créé pour que certains d’entre vous comme le clergé, les seigneurs, pour vous faire obéir de ceux dont vous vouliez profiter, et leur soumettant une entité redoutable à craindre et un enfer pour les punir à jamais. Nos venons de la religion comme un moyen de contrôle, un subterfuge pour vous déresponsabiliser aux yeux de vos pairs et de vous-mêmes, en pensant que vous faites ce qu’il y a de mieux pour les vôtres sans penser que Le dieu et le diable sont déjà en vous. Une fois que vous mourrez, nous mourrons avec vous, c'est votre croyance en nous qui nous fait vivre.» A ces mots, une autre question dans ma tête se faisait évidente : -«Vous avez l’air de bien vous connaître, vous vous entendez même plutôt bien apparemment. Pourtant ça me parait assez inconcevable, non ?» Le Dieu et le Diable se regardent alors et le petit Monsieur s’approche pour me répondre : -«Comme deux frères, nous ne nous entendons pas sur tout, mais il est vrai que nous considérons chacun l’opinion de l’autre. Nous nous complémentons comme le noir et le blanc, un équilibre parfait qui font ce qu’en réalité vous êtes, des humains. Vous ne pouvez pas avoir en vous une bonne sans une mauvaise part, l’un ne va pas sans l’autre. Certains esprits se plaisent à dire que du bon sommeille en chacun de vous, mais bien peu diront que le mal y sommeille aussi.» -«C’est pourtant se voiler la face» place le diable. Je résume alors : -«Nous sommes du bien et du mal réunis dans un même corps, nous ressentons des sentiments et des humeurs qui nous parviennent de ces deux notions, constamment. Si nous n’avons pas la paix en nous, si nous sommes tantôt heureux, tantôt coléreux, tantôt généreux, tantôt répulsifs, jamais nous n’arrêterons de nous battre». -"Il n’est peut-être pas si stupide" dit le diable en regardant Dieu, qui lui sourit, «Mais tu es encore loin de la vérité» glisse le diable en faisant voler sa cape. Mes yeux se dirigent alors vers Dieu : -«Si on vous a créé, vous ne pouviez pas nous créé, mais alors qui l’a fait ?» Le Dieu fronça les sourcils et demande : -«Tu parles de la Terre, des animaux, de la Nature, ou juste des Hommes ?» -«Les Hommes» Le Dieu regarde alors le Diable du air complice toujours aussi étrange et me regarde à mon tour pour dire : -«Nous ne sommes que des enfants qui jouons à regarder ce que deviennent nos pères et nos mères avec ce que nous leur suggérons de faire. Nous ne savons comment ils sont venus au monde, tout comme toi, mais il y a une chose dont tu peux aisément te contenter, c’est que vous êtes libres de le découvrir et compte tenu de ce que nous savons, ça n’est pas dû à un phénomène naturel, c’est un «coup de pouce» que l’on vous a donné pour poursuivre l’aventure de la vie sur Terre.» C’est impossible, je m’insurge : -«Mais nous serons tous morts, avant de pouvoir le découvrir, le mal est partout, nous nous entretuons, et sans hommes, il n’y a plus de bien ou de mal, il n’y a plus rien. Il faut empêcher ça ! Ma voix se fait tremblante, il parle de la vie que nous menons comme un jeu ou il n’y a pas de gagnants. Le diable reprend d’une voix moqueuse : -«Qu’espérez-vous ? Changer ? Devenir de gentils bisounours qui auraient éradiqué le mal à coup de bonne volonté ? Tu n’as pas écouté ce que nous venons de te dire, le bien et le mal ne peuvent être séparés, vous devez gérer comme vous le pouvez ces deux notions qui font de votre vie ce qu’elle est, parce qu’il ne peut en être autrement ! N’essayez pas de tuer l’un ou l’autre, contentez-vous de conserver cet équilibre aussi longtemps que vous le pouvez, pour leur montrer que vous n’êtes pas aussi primitifs qu’il le pensent en ce moment ! Le diable se retourne, sous l’œil plein de reproches de Dieu qui s’avance vers moi et me met sa main sur l’épaule. Qui étaient donc ces «Ils » ? Je ne puis attendre : -«De qui parle-t-il ? Qui sont ces «Ils», vous m’aviez dit que vous ne saviez pas !» Le Dieu, d’une voix apaisante, dit calmement : -«Nous non plus ne devions pas savoir, mais vôtre fierté, votre sentiment de supériorité envers tout ce qui vous entoure vous empêcherait de comprendre ce que l’on pourrait te dire aujourd’hui, c’est quelque chose qui vous dépasse tous, vous n’êtes pas prêts à l’entendre. Tu dois rentrer à présent, garde en mémoire tout ce que tu as entendu, très peu d’entres vous ont pu arriver jusqu’ici… » Le diable s’avance vers moi, d’un pas résigné, l’air menaçant. Je recule par peur mais j’ose encore quelques : -«Attendez…je suis prêt à l’entendre, j’ai même une théorie là-dessus…Dîtes moi…nous reverrons-nous ?...Je… » Le diable m’attrape violemment le torse et m’élève dans les airs en hurlant que je devais me taire. Sa main brûlante comprime ma poitrine et pendant que j’entends le Dieu dire au Diable d’y aller doucement, le Malin prend son élan pour jeter hors du cercle de lumière. Dans les airs, j’entrevois la haine, la colère, la luxure, la brutalité, le dégoût, la vulgarité. D’un geste à me couper en deux, je me retrouve dans les airs, projeté, et alors que je vais m’écraser sur la pierre qui fait le sol de cette lugubre salle…
Je suis plat ventre sur quelque chose de mœlleux recouvert d’un linge. Mon lit ! J’allume la lampe de mon chevet et j’aperçois mon reflet dans le miroir derrière moi. Mon cœur bat encore très fort, la curiosité et l’anxiété est telle que je ne puis m’endormir à nouveau. Ces rêves plus vrais que la réalité m’emmèneront un jour beaucoup trop loin…
Michael-David Petit homme«Petit homme»
Je t’ai approchée dans mes rêves bien des fois, Mes mains sont si pauvres qu’elles ne s’en souviennent pas. De mes yeux ont coulé des mots qui parlent tout bas, Dans leur prison de sel, on ne les entend pas,
Hurler, Ta voix me semble m’ignorer, Tu es immense, pourquoi aimer un petit homme comme moi…
Mes liens me serrent trop fort, La vie quitte mon corps, Prier, oh prier, viens à moi…
Ton nom se lit encore, Sur les murs en lettres d’or, Crier, oh crier, parle moi….
Aucune chevelure ou robe ne me soudoie, Il me semble avoir fait malgré tout, le bon choix. Aimer celle qui me fait regarder droit devant moi, Et lever les yeux pour être encore émerveillé…
De clarté, Tes pensées semblent me quitter, Toi qui souris, pourquoi vouloir d’un malheureux comme moi…
Mes liens me serrent trop fort, La vie quitte mon corps, Prier, oh prier, viens à moi…
Ton nom se lit encore, Sur les murs en lettres d’or, Crier, oh crier, pense à moi….
Je suis le fils, l’enfant, Qui croit son père, un géant, Tu sais voler, pourquoi vouloir m’emmener dans tes bras…
Michael-David
Noces funéraires - Chapitre III (Si ça n'est pas déjà fait, lisez tout d'abord le Chapitre I, puis le chapitre II)
Mercredi – 8h27 – Chez mes parents.
Le funèbre mais passionnant rituel se poursuit. Aujourd’hui, ma famille et moi-même allons assister à l’enterrement de mon aïeul Jean V, 72 ans, décédé d’une embolie pulmonaire. La place que j’occupe est intéressante : je peux suivre de près un enterrement d’un proche sans être affecté de sa disparition. Non pas que je le haïssais, mais je ne le connaissais pas assez pour l’aimer, ce dont ma mère a du mal à concevoir. Dans une famille, il y a des sentiments que les liens de parenté ne peuvent que suggérer, et il y a des liens de parenté que des sentiments doivent confirmer…
Dans le miroir, je peux voir un jeune homme à l’apparence froide, mais plutôt satisfait. Il faut dire que ce costume noir à chemise bleu nuit me va à ravir, c’est dommage de le porter pour la première fois à un enterrement, quand on sait que je ne serai pas complimenté pour ma tenue… Une fois de plus, nous sommes entassés dans la voiture familiale en direction de la maison du défunt homme. Ma sœur m’observe d’un air sec, elle craint mes mots sortant au gré de mon humeur à toujours vouloir rire de tout. Je n’ai jamais, à ce jour, dépassé les bornes mais elle semble bien résignée à ne pas laisser ces mêmes bornes se franchir…
Mercredi - 9h03 – Chez mes grands-parents
Nous arrivons devant la maison bordée de l’asphalte toujours aussi fréquenté. Dans la petite cour, nous attendent quelques membres de la famille qui ne nous avaient pas attendu pour improviser un « larmoir » de fortune, ce dont je ne puis prendre part pour la raison que vous connaissez déjà… -« Misère que les temps sont durs.» Murmure ma mère en me regardant du coin de l’oeil. «La tristesse n’est même plus donnée à tout le monde». Bon, ça va bien maintenant ! Je suis déjà à fond de cale pour me taire devant cet étalage de larmes en tout genre, plus ou moins sincères, et vous voudriez que je pleure à mon tour, comme si c’était là, la seule marque de peine que je pouvais lui témoigner ? Mais je n’ai pas de peine, je ne suis ni acteur, ni menteur et je ne vais sûrement pas m’improviser «petit fils» pour quelqu’un qui n’a même pas été une seule fois grand-père. Cette gueulante intérieure passée, je me retrouve à échanger quelques pensées funestes avec mon frère dans cette même cour pendant que les autres se réunissent dans la salle à manger pour une autre partie de «je m’assois ou je peux et je ne bouge plus». Ayant soupé de ce rituel affligeant, mon frère et moi-même faisons les cent pas dans une cour d’à peine trente mètres carré quand un grand individu âgé et bedonnant s’approche de la clôture sous nos yeux interrogateurs. Mon oncle (le coup de la blague du chien au dos rougeoyant, c’était lui) sort et se dirige à sa rencontre. Quelques mots s’échangent puis le monsieur âgé se cache la bouche d’une grosse main après avoir dit : -«Mon dieu, pas lui». Spectateur de cette prise de nouvelle, je constate alors que mes grands-parents ont quelques connaissances dans leur patelin, ce qui n’est pas peut dire car en dehors du jardinage, de la chasse, et du rugby pour mon grand-père et … rien pour ma grand-mère, on sentait qu’on avait pas vraiment des grands-parents jet-setteurs. Les deux protagonistes se séparent et nous laissent seuls et maladroits au milieu de la cour, déambulant tels deux adolescents patauds, ayant une vue imprenable sur nos chaussures. Quelques minutes et soupirs plus tard, nous nous apercevons qu’une dame âgée cherche à parler elle aussi, prostrée devant la clôture. Je m’approche et exécute la triste tâche à mon tour. A ses mots, la vieille (vous allez comprendre pourquoi cette appellation) sort l’air déçue : -« Il devait me donner des poireaux, maintenant je sais plus ou je vais en trouver». Vous avez lu ce que j’ai entendu ? Cette vieille peau s’est approchée de la maison de mes grands-parents pour s’assurer qu’elle aurait toujours ses poireaux ! Même moi, je n’aurais pas pu le penser ! (Ou alors en me forçant) Abasourdi et incapable de répondre à cet innommable affront jardinier, je tourne les talons et m’avance vers mon frère, visiblement peu intéressé par la conversation qui se déroulait devant lui et je lui soumet la phrase qui suit : -«Le prochain casse rouleaux, c’est pour toi.»
La porte de la maison s’ouvre d’un bruit solennel, et parmi les personnes sortantes, s’approche de nous ma mère en disant que le véhicule des pompes funèbres va arriver pour mettre le corps dans le cercueil pour un dernier recueillement. Je me rappelle alors de lundi, ce monsieur à la parole douce et si compatissante qui vendait ces articles funéraires pendant que la famille était encore en larmes. Dur métier que de démarcher ces produits à des gens traversant un moment ou on a le moins envie de parler commerce. Quelques instants se passent sous les reniflements discrets d’une famille qui venait de perdre son pilier paternel. Un véhicule funéraire vient alors se garer près de la clôture et sortent alors plusieurs visages connus sous mes yeux ébahis. Deux membres de l’association théâtrale dont j’appartiens également viennent saluer quelques membres de ma famille ! Stupéfait et ravi de les voir ici et aujourd’hui, je m’avance jusqu’à leur fourgonnette mauve pour les saluer. La reconnaissance est immédiate, nos mains se serrent sympathiquement avec le plus de discrétion possible. Moi qui me demandait ce qu’ils faisaient comme métier… Ces mêmes messieurs s’activent alors tels des ombres en préparant la mise en cercueil sous mon regard amusé. Ils pénètrent avec le cercueil dans la chambre où gît le défunt et referment derrière eux. Ce triste moment s’empare alors des murs, des personnes et du ciel pour en transcender tout son décor mortuaire. Instant solennel qui perd toute sa crédibilité au moment où j’ai la macabre idée de murmurer à mon frère : -«Pour l’instant, le cercueil est vide, mais quand ils l’auront fourré au rugbyman et qu’il faudra le porter jusqu’au camion, ils feront moins les malins.» Nous nous pinçons les lèvres et pendant que nous faisons l’impossible pour ne pas trahir notre hilarité, un de mes deux camarades de théâtre sort et dit à l’assemblée qu’elle peut se recueillir une dernière fois dans la chambre ou le cercueil à demi ouvert, est disposé. Alors qu’une file d’attente se forme devant la porte de la chambre, un détail me revient à l’esprit. Le cercueil que j’ai vu entrer est de taille standard or, mon grand-père n’était pas vraiment de taille passe-partout. Toute proportions gardées et sans vouloir faire dans l’humour de mauvais goût, comment allaient-ils procéder pour faire entrer un mammouth dans une boîte d’allumettes ? -«C’est ton tour Michael.»
Ma mère ne m’a pas oublié, il faut que je m’y colle. Cela me rappelle que même quand ils venaient à la maison, elle m’obligeait à interrompre les activités pour aller leur dire bonjour. Bon…. allez, cela ne va pas me tuer et de toute façon, il n’y a sûrement plus de place dans le cercueil. Je regarde mon frère appuyé sur un flanc de la porte et m’approche de l’entrée de la chambre froide… De Cristal à DiamantDe Cristal à Diamant
Pourquoi laisser votre blancheur aux horribles corbeaux, Opaques de votre désir de sentir la vie vous envahir, Emerveillées de leurs savoirs qu’ils sortent de leurs dos, Mémorable vue d’un bouquet que vous fera sentir, Enchantement puis écrasante douleur…
Puissiez-vous parler d’amour autant que vous prend la danse, Odieuse contrée que vous foulez sans même la toucher, Usez-vous de quelques douteuses mais radieuses manigances, Résulte enfin sans jamais reprendre, votre envie de chasser…
Surs de vos mains brutales, vous avez osé marquer votre présence, Tulle froissé, elles pensent avoir manqué de ce que vous cherchiez en elles, Ennemies et alliées griffes avec lesquelles vous répandez votre semence, Perdues dans leurs cœurs fragiles, profitez de celles qui ne se savent belles… Hors de votre conscience, les larmes brûlées de chaleur stérile, Anéantissent leurs joies de voir en votre sourire déjà désireux de s’enfuir, Nombreuses épopées dont vous auriez pu parcourir l’île, Immorale soit votre entreprise maudite de luxure et de mensonge, Encore même trop de fois pardonnée, alors que bien mal destin déjà vous ronge…
Michael-David Lettre à Soeur Thérèse Chère Soeur Thérèse,
Vous ne vous souvenez probablement pas de moi, un de vos élèves, mais beaucoup de mes anciens camarades et moi-même gardons une partie de vous en nous.
Cela fait plus de 10 ans que je ne vous ai vu. A l'époque, j'étais un petit garçon de 7 ans timide et fragile. Miantenant, je suis un jeune homme, "un citoyen" comme ils disent.
Mais je me souviens de cette institutrice d'un certain âge qui nous apprenait le vocabulaire, la conjugaison, la table de multiplication. Vous nous faisiez rire. Je vous vouvoye à l'écrit mais souvenez-vous de ce petit garçon aux yeux inquiets et brillants qui s'était approché de vous et qui a dit d'une voix que vous avez si peu entendue :
-"Dis, Soeur Thérèse, c'est vrai que tu t'en vas ?"
Vous m'avez répondu un simple "oui" en souriant. Je n'oublierai jamais ce sourire, non pas de compassion parce que je savais que vous ne vouliez pas partir, mais un sourire de partage, mieux, de courage. Ce courage, vous nous l'avez transmis à tous quand à l'époque vous nous secouiez comme des pruniers pour nous calmer de nos pleurs intempestifs. Je me souviens aussi de vos grandes calygraphies sur le tableau noir avec lesquelles vous écriviez la date ; de votre longue baguette de bambous pour compenser votre taille, de votre tempérament de feu qui faisait frémir les plus durs d'entre nous.
Comment oublier cet âge ou le monde tenait dans une salle de classe ?
Vous nous répétiez souvent, ce qu'à l'époque je ne comprenais pas, qu'il faut devenir quelqu'un de bien. Pas le centre du monde mais quelqu'un de gentil, qui aura des enfants, qui aimera son prochain, qui aimera Dieu (Aujourd'hui je suis athée... surprenant pour un ancien élève d'une école privée religieuse....). Et bien je pense qu'aujourd'hui, j'ai compris ce que vous vouliez dire et je suis fier d'avoir suivi votre enseignement si riche et d'être aujourd'hui plus que jamais, quelqu'un de bien.
Le jour oû vous êtes partie (on vous avait remplacé pendant les vacances de la Toussaint), nous étions tous dans la cour, immobiles à l'ombre des tilleuls qui ornaient et protégeaient cette cour mémorable, et nous regardions cette dame à l'allure encore agile pour son âge, s'éloigner en longeant l'allée après un bref "aurevoir" toujours avec ce même sourire qui n'avait pas opéré parce que vous faisiez comme nous Soeur Thérèse, vous pleuriez...
Un de vos élèves de l'année 1986 à 1987.
Premier rang à droite.
Michael-David
Epreuve de françaisBaccalauréat Professionnel Session 2000 Section : Industriel
Epreuve de Français
Sujet : Responsable du club Cinéma de votre établissement, vous rédigerez un texte (d’une quarantaine de lignes) destiné à être placardé dans le hall d’entrée sur un panneau d’informations pour inciter vos camarades à s’inscrire au club. A l’aide d’arguments de votre choix, vous essaierez de faire partager votre passion pour le cinéma.
Le Septième Art est certainement l’art le plus répandu dans le monde de par sa simplicité, sa diversité et de son évolution constante aux pointes des dernières technologies numériques, suivie par des cinéphiles toujours plus nombreux. Chaque individu peut se reconnaître dans le cinéma : Pris au piège, nos héros vont rivaliser d’ingéniosité, de dextérité et de réflexion pour se sortir d’une histoire mouvementée jonchées de cascades, de vitesse, de courses contre la montre pour déjouer les pièges et les horribles complots de quelque terroriste. Amateurs d’aventure, vous voyagerez partout dans le monde pour de l’action toujours plus spectaculaire… Au plus profond de la chine, de l’Égypte ancienne ou en Inde, les champions d’arts martiaux, combattants au grand cœur, s’affrontent pour le plaisir des yeux. Munis d’armes diverses, ils font preuves d’une dextérité époustouflante engendrant exploits et prouesses à la recherche de l’Ame suprême. Tendres romantiques ? Vous découvrirez les amours tumultueuses se créer dans des paysages et décors sublimes. La poésie et l’émotion seront votre guide dans ce voyage de peinture et de lumière… Passionnés d’histoire, de paléontologie, de géographie ou d’ethnologie ? Le cinéma peut redonner vie aux époques perdues grâce à son talent pour remonter le temps à la recherche d’anciennes civilisations ou d’une cité Inca Perdue. La grande guerre, le crack boursier de 1929, plongez dans l’Histoire du monde. Vous seul déciderez du chemin à suivre et laissez-vous guider… Souffle saccadé…silence angoissant…Tremblez sous les cris d’appel stridents du cinéma d’épouvante. Pour les plus chevronnés d’entre vous, frémissez devant les monstres et vampires et autres tueurs fous avides d’horreur de sang. Pénétrez au cœur de l’angoisse au suspense haletant… Amateurs de comédie ? Venez vous amuser à découvrir les films ou les héros s’embarquent dans des situations toujours plus drôles et burlesques. Partagez la dérision des personnages les plus caricaturaux dans le seul but est de vous faire rire !
Venez dès maintenant vous inscrire au cinéma club de votre lycée pour des heures de détente et de convivialité.
Note obtenue : 17/20 Noces funéraires - Chapitre II (Si ça n'est pas déjà fait, lisez d'abord le chapitre I)
Lundi – 6H55 – Chez mes grands-parents
La maison de mes grands-parents n’avait jamais accueilli autant de monde en une seule journée. Autour de moi tantes, cousins, oncles occupent les lieux assis sur tout ce qui peut servir. Une sorte de gêne mélangée à de l’appréhension me fait m’approcher de la première personne que je dois biser, et m’échappe un audible et stupide «salut !» provoquant une bouffée de chaleur prononcée tout au long de mon dos pendant que le rite familial s’accomplit pour toute l’assemblée. Ayant fait ma «boulette» du jour, j’entreprends rapidement de trouver un siège me tenant à l’écart de toute autre faute possible et d’attendre patiemment qu’on me libère. Tiens, il me semble que quelquechose de poilu me frôle la main…
Les heures passent au dessus des murmures et j’apprends enfin comment mon grand-père fut emporté par la faucheuse. Cet ancien rugbyman de 72 ans, d’1m86 et d’environ 120kg était une force de la nature, difficile d’imaginer que la mort viendrait le chercher ici et maintenant. Il souffrait d’une bronchite depuis quelques jours et une embolie pulmonaire eut raison de lui cette nuit. Il faut dire qu’il a fumé toute sa vie, si le cancer ne l’avait pas atteint, on ne peut pas dire que ça l’avait arrangé. Sur ma chaise de bois tressé, c’était la première fois que j’étais confronté à la mort d’un proche et de savoir que la vie avait une fin. Dorénavant, quand ma mère me dira de me couvrir, je le fais. Et si je ne le fais pas, je n’aurais qu’à me rappeler que si un homme de cette envergure-là y passe à la première bronchite venue, le contexte aidant, pour une bonne bronchite, je ne suis qu’une minuscule araignée qui traverse un plancher ou me regardent passer attentivement trois femmes arachnophobiaques munies de chaussures à talons.
Quelques personnes entreprennent d’aller au dehors respirer un peu. Ma mère saisit l’occasion de me demander si je voulais voir «Papy» en heures creuses. N’ayant rien à faire de particulier et m’étant déplacé pour lui, j’accepte volontiers.
Ma mère me conduit jusqu’à la porte de sa chambre et devant celle-ci me joue son numéro de mère sérieuse et d’un ton grave mais néanmoins doux, me sort : -« C’est un moment que tu garderas avec toi toute ta vie» -« Maman, aujourd’hui je me suis levé à 5H du matin, le plus gros de ma famille maternelle m’a vu me faire rhabiller par ma mère, je me suis ridiculisé une deuxième fois en leur disant bonjour, j’ai passé deux heures immobile sur une chaise à vous regarder parler en langage de sourds et muets alors que personne ne dort ici, j’ai caressé sans le savoir un caniche couvert d’eczémas sur la majeure partie de son dos, et juste à l’instant, je viens de passer devant un miroir et grâce à ton intervention, j’ai pu voir qu’aujourd’hui, j’ai un faux air capillaire avec le chanteur d’Indochine et tout ça alors qu'il n'est que 9H17. C’est DEJA un moment que je garderai avec moi toute ma vie !» Ma mère hausse les épaules, et ouvre la porte d’où un vent froid se dégage de l’ouverture. Je pénètre dans la pièce avec silence. Il était là, dans son lit, allongé sur le dos, serein, comme endormi. Ma mère s’avance et murmure : -«Tu veux aller lui faire une bise ?» -«Maman, tu as écouté ce que je t’ai dit avant qu’on entre ?»
Nous sortons de la chambre. Vous parlez d’une affaire ! Elle ne s’imaginait quand même pas que j’allais pleurer, non ? Il ne s’est jamais comporté comme un grand-père, pas une ballade, pas une parole, pas un sourire. Il fait même peur étant mort. De son vivant, je l’évitais et puis c’est tout.
A notre retour, tout le petit monde était revenu reprendre place dans la pièce principale. Je me rassis en constatant que l’atmosphère s’était un peu détendue, deux de mes oncles réputés facétieux osant même quelques blagues. Désignant le malheureux caniche au dos rongé par la maladie, l’un deux lance : -«Voilà ce qui arrive quand on se fait grimper trop souvent, ça irrite ! » -«Rohhh… !» poussèrent les autres, le sourire aux lèvres. Un autre chien fait son apparition, un genre d’épagneul blanc qui, dans une partie de chasse, avait pris accidentellement un coup de fusil dans le train arrière. L’animal, ravit de voir du monde, « traînait la patte » à travers la pièce sous les regards tantôt compatissants, tantôt moqueurs. Un autre oncle lance à son tour : -« Regardez-moi cette misère, Dis Jacques, tu veux pas aller l’appeler à l’autre bout de la route !» Je pouffais de bon cœur tout en évitant les remontrances de ma mère, pour une fois qu’on n’est pas obligé de rester figé sans ressentir la moindre peine, je n’allais pas me gêner…
Lundi - 11H25 – Chez mes grands-parents
Ne pouvant plus tenir sur cette chaise, je me lève et fais signe à mon frère (avec le langage que je venais d’apprendre quelques heures plus tôt) s’il voulait venir avec moi au dehors. Il s’acquiesce. (Enfin je suppose je suis pas encore au point) et nous sortons après quelques « Oui, maman, nous avons bien patté nos manteaux ». A quelques mètres effectués dans la cour, nous sommes maintenant dos à la baie vitrée du ridicule, regardant passer les voitures comme deux vaches avec un chewing-gum chacun, en guise d’herbe de prairie.
Après quelques «vroum-vroum» et autre «Biiimmm-biiimmm» (une de ces mobylettes trafiquées qui font beaucoup plus de bruit qu’elles n’avancent) Une pensée commune nous vient à l’esprit. Je me lance : -«Tu penses à ce que je pense ?» -«Oui. Toujours aussi fadasses, les Malabars à Mamie» Il avait raison mais le débat avait besoin d’être réorienté. -«Je parlais de Papy, tu as entendu Tati qui parlait à Maman pour demander qui devra porter le cercueil. Tu crois qu’elle parlait de nous ?» -«Non, je crois pas» Nous nous regardons alors avec hésitation dans les yeux. Il ouvre alors les yeux plus grands et sort : -«Ah bon, tu crois, toi ?» J’étais malin d’avoir posé la question mais la réponse fut rapide : -«Non, c’est pas parce qu’il est mort lui, qu’il faut faire crever les autres» A ces mots, nous pouffons comme deux nigauds, dos à la baie vitrée, en faisant le moins de mouvement possible pour ne pas être aperçu. Un de nos oncles vient nous rejoindre. Il s’aperçoit vite que le chagrin ne nous a pas emporté trop loin, et décide de surenchérir : -«Alors les jeunes, vous êtes toujours dans votre bonne vieille ville ?» -«Oui, toujours la même» réponds-je encore le sourire aux lèvres. Il rebondit aussitôt : -«Là-bas, quand les corbeaux ravitaillent, ils volent sur le dos pour ne pas voir la misère !» Nous pouffons à trois cette fois-ci, un peu à l’écart de la cour. Il est bientôt midi et il va être l’heure de rentrer à la maison. L’enterrement est prévu pour mercredi. Ca promet… Noces funéraires - Chapitre I
Note importante : ce récit n'est que l'entière opinion et point de vue de son auteur et respecte le deuil des proches du défunt.
Lundi - 4H53 – Chez mes parents
Le téléphone sonne. Depuis mon lit, j’entends que quelqu’un se lève péniblement pendant que le téléphone persiste dans le noir de la salle à manger. A demi conscient, je ne peux écouter les quelques mots échangés dans le silence. Au bout de quelques secondes de conversation stérile de sens et d’intonation, ma mère raccroche. Mon frère vient à sa rencontre. -«C’est rien, va te rendormir.» murmure-t-elle en se redirigeant vers sa chambre. Quelques minutes passent dans une agitation lointaine. Le sommeil commence à m’envahir de nouveau quand la porte de ma chambre s’entre ouvre et, dans la lumière du couloir, j’aperçois la silhouette de mon frère, s’essayant à percer les ténèbres de ses yeux endormis. S’apercevant que je le regarde avec attention, il dit, timidement : -«Papy est mort ». Beaucoup de choses auraient pu alors se produire dans ma tête qui, il y a quelques minutes, essayait de tenter une nouvelle expérience paradoxale mais contre toute attente, alors que mon frère referme la porte lentement, la seule phrase qui pouvait alors me venir à l’esprit compte tenu de mon caractère et de mon humour noir fut : -«Ca, ça veut dire qu’il faut que je me lève.»
L’affaire est vite achevée. Fin prêt, je me dirige alors vers la chambre de ma mère qui s’active elle aussi. Notons le sang froid dont elle fait preuve. -«Il y a de la famille sur place là-bas» dit-elle calmement. « Vous êtes prêt, on y va ? » Vu sous un autre angle, on pourrait aussi mettre ce self-control sur le dos du fait que ma mère mets toujours trois plombes pour émerger…
Nous voici nous trois donc dans la voiture familiale en direction de la maison de mes grands-parents maternels. (« PFRA » oblige, si ça avait été « Pépé », ça aurait été paternel… ah oui, pardon, PFRA : protocole familial de reconnaissance d’ascendant… Humour noir, je vous avais prévenus…).
Lundi - 6H49 – Chez mes grands-parents
Arrivés devant la funèbre demeure, nous traversons le petite cour en silence et plantés devant la porte, ma mère a l’affligeante et maternelle idée de me redresser le col de ma chemise, ce dont je m’insurge immédiatement : -«Maman… arrête, ils nous voient» dis-je entre mes dents. Ne pouvant s’arrêter là (Vous connaissez les mères), elle fait alors un rapide tour de mon ensemble vestimentaire et capillaire et bien évidemment, trouve toujours des choses à retoucher. C’est à un moment comme celui là qu’on peut se dire que s’il y a des avantages à être l’aîné d’une famille, être obligé de supporter sa mère en train de vous arranger devant une baie vitrée ou de l’autre côté, vous savez que des membres de votre famille vous regardent attentivement de leurs yeux attendris et moqueurs, n’en est sûrement pas un. Lorsque la porte s’ouvre et d’un dernier « pourquoi mon frère, il a rien eu, lui ?» nous entrons alors dans la maison du défunt… |
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estrella laetitiaさんの投稿:
![]() Juste un petit coucou
j'espère que tu vas bien j'ai vu les photos d'antibes ! waouh ! pas mal ! ça donne envie
ciao
4 月 20 日
estrella laetitiaさんの投稿:
wow tu as ajouté mon space dans ta liste des liens utiles quel honneur tu es le premier ! et tu le décris bien en plus !
je suis ravie de te compter parmis mes amis j'espère pouvoir faire ta connaissance un peu plus un jour
je t'embrasse
à bientot
laetitia
1 月 4 日
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